UN PARALLELE EXOTIQUE (I)

UN PARALLELE EXOTIQUE (I)

Avant-Propos :

Ce qu’on va lire est une sorte de propos d’Outre –Tombe si on me permet cette allusion ; il ne reste pas beaucoup de temps à l’auteur. Quoi qu’il en soit, le parallèle dont il va être question est exotique totalement ; celles et ceux de mes lectrices et lecteurs qui en seront agacés dès les premières lignes n’ont tout simplement qu’à passer leur chemin sans lire la suite. Je dis malheureusement  cela aussi pour des communistes français ; je dis  bien « des », pas « les » ; il arrive de rencontrer de l’étroitesse dans les rangs de mon parti.

Je me situe immédiatement : lors d’une rencontre de premier ordre qui vient de se tenir à Athènes, entre Pierre Laurent et Alexis Tsipras visant à  placer la coopération et la solidarité politique à un niveau supérieur (voir mes billets précédents où c’était mon souci principal) , Pierre Laurent  déclare : « Nous allons, ensemble et dans nos pays respectifs, prendre le temps de tirer toutes les leçons de ce tournant historique en Europe. Notre conviction partagée est que cette réflexion est indispensable, après le choc, pour se fixer de nouveaux objectifs communs et que nous devons penser les conditions d'une élévation générale du débat d'idées et du rapport de forces européen » .

Élévation générale du débat d’idées : c’est bien de cela qu’il s’agit et l’objectif de ce qui suit est d’y contribuer de façon modeste ; il y a beaucoup de façons de faire  et la mienne n’est surement pas la plus simple ; elle tranche aussi avec les contributions usuelles qui examinent sous diverses facettes l’UE actuelle et qui donnent sur Médiapart des résultats étonnants pour ne pas dire pire ; ici c’est JF Bayard qui sous le titre « Normalisation de la Grèce «  nous explique un parallèle « possible » entre Merkel et Brejnev , Dubcek et Tsipras ; que ce soit tendre pour Merkel et proprement insultant pour Tsipras n’est pas la question ; avec de tels « parallèles «  qui font les délices  de certains fidèles de Médiapart on ne va pas loin ; à coup sûr , on n’élève pas le niveau général du débat d’idées ; là, Guillaume Foutrier avec qui j’avais eu un échange amical bien que fugace ,  se répand en imprécations contre le PCF et Tsipras en voyant dans l’intervention de P Laurent au Sénat    une « honte » ; ne perdons pas notre temps à « répondre » ; il y a quelque chose de proprement étonnant ici ; on peut  avec une apparente capacité persuasive  , considérer que le Diktat imposé à la Grèce signe l’impossibilité de changer la construction européenne et argumenter sur « la nécessaire  sortie de l’Euro » etc …….. Mais on ne peut pas intellectuellement juger des positions du PCF sans entrer dans sa logique propre et l’insulter au nom de références et de présupposés idéologiques qui ne sont pas les siens. Cette attitude ne relève en rien de l’élévation nécessaire du débat d’idées : c’est de la médiocre polémique laquelle est sous tendue par une animosité difficile à concevoir.

J’en viens au fait : ce dont il va s’agir est d’un parallèle exotique entre ce qui arrive en Physique contemporaine  et dans l’Union Européenne ; je veux rassurer JF Bayard : ce parallèle ne doit rien au sien et l’idée m’en trotte depuis fort longtemps ; la crise grecque et européenne ont simplement été le déclencheur.

Un livre paru en 2002  au titre évocateur «  Trouble with Physics » de Lee Smolin , traduit en Français et préfacé par le mathématicien Alain Connes servira de référence à mon propos ainsi que d’autres ouvrages en apparence plus techniques dont je ne parlerais pas ici ;  on ne manquera pas de s’étonner doublement : que nous chante-t-on ici ? Qu’est-ce que la Po-li-ti-que peut avoir affaire avec la physique contemporaine ? Le discours économiste voire économiciste ayant tout envahi, il n’est pas surprenant que l’on soit surpris et que d’entrée de jeu on rejette. Et d’autre part l’ouvrage de Lee Smolin a été écrit avant la découverte réelle ou probable du Boson de Higgs,   laquelle si avérée, signe la solidité absolue du « modèle standard ». Nous n’en  parlerons pas autrement : avec ce résultat oser «  Rien ne va plus en Physique », comme le dit Lee Smolin, semble pour le moins hors de propos. La Science progresse à pas de géants, merci, quant à la po-li-ti-que, elle bégaie au mieux.

On verra dans la suite, au moins pour celles et ceux qui feront l’effort de lire, ce qu’il faut penser de cette vision.

Mais en admettant même qu’il puisse y avoir un parallèle, en quoi celui-ci concerne-t-il le débat européen ?

On peut  à bon droit s’étonner de cette question : ce qui se produisit avec l’affaire Galilée n’avait-il de rapport qu’avec la physique ? Ou cela mettait-il en cause l’ensemble d’un système idéologique et de domination politique ? 

Que vient faire ici ce rapprochement s’exclameront des critiques superficiels ? Certes l’Inquisition eu tort mais c’était il y a des siècles et depuis que l’économie est devenue une « science » à en croire les tenants de l’ordre magique, il n’y a plus besoin d’Inquisition ………

Mais il se trouve que la consultation du PROCES Galilée amène à une autre conclusion : Galilée se rétracta comme on le sait en s’écriant ensuite, une fois « libre »  « e pur si muove ! » ; et pourquoi se rétracta-t-il ?  PARCE QU’ON LUI AVAIT MONTRE « LES INSTRUMENTS ». Or, le 13/07 au petit matin il est avéré que l’ « on » MONTRA A TSIPRAS LES INSTRUMENTS. Certes ceux-ci ne le concernaient pas directement, c’était pire : ils concernaient le PEUPLE GREC en son entier et de cela Tsipras ne voulut pas.   Puis, comme Galilée, sitôt revenu en Grèce il s’écria  «  e pur si muove ! » c’est-à-dire «  Je ne crois pas à cet « accord » » .

Peut-être à l’issue de cet avant-propos certains seront-ils amenés à penser qu’il y a un peu de sens dans ma folie .

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