SUR UN PROPOS DE SANDRA REGOL

On discute ici un propos de Sandra Regol dans l'Humanité du 23/11/2020

SUR UN PROPOS DE SANDRA REGOL

On ne va pas ici discuter en détail l’entretien de ce jour de Sandra Regol à l’Huma ; bien qu’il y ait sujet…. Quand on a fait des années durant du « ni gauche ni droite » et qu’il en reste pas mal, il serait peut-être utile d’éviter le : « javel ‘dire à tout l’monde »…Mais mon propos vise la chute de l’entretien ; puisque, nous dit Sandra Jégol toute la gauche fait dans « le rapport de forces » , on est bien obligés …. Rapport de forces. Cela fait des mois que je m’égosille : cette « notion » fait partie, à mon grand dam, du vocabulaire communiste . Que d’autres la « pratiquent » n’est ni nouveau ni surprenant. Pour les communistes , ce « concept » hérité d’une période antédiluvienne de la politique n’a pas été revisité . Je ne suis pas devenu un rêveur débile : face à la droite et à l’extrême droite, dans les batailles sociales face au MEDEF , la chose s’impose comme une évidence ; à gauche par contre …on devrait jeter aux orties le fameux et peut-être apocryphe : « Combien de divisions ? » ; cette partition , les communistes l’ont jouée et rejouée ; ils et elles étaient surs d’eux-mêmes et à gauche dominateurs….L’Histoire ne leur aurait-elle rien appris ?  Pleinement justifiée au moment de la Guerre Mondiale, des Guerres coloniales , de la Guerre Froide au paroxysme, la notion et la pratique qui en découle ont perdu toute portée politique au moment où la question des questions est de construire une alternative qui tienne la route sur la durée . « Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours » , voilà ce qui est opposé pour tout potage à une réflexion essentielle ; oui, la gauche dans son ensemble connaît de profondes différences . Elles ne se réduiront pas par magie, elles ne se réduiront pas avec des incantations . Il faudra sans doute apprendre à avancer AVEC ces désaccords de fond qui, en gros peuvent se résumer à la question  de savoir si le capitalisme est compatible ou non avec le développement des capacités humaines et la sauvegarde de notre planète ; je n’ignore rien des nuances de pensée intermédiaires mais la question de fond qui décide en fait des attitudes politiques est celle que je viens d’indiquer. Ces désaccords de fond ne sont pas MOINS importants que les aspects sans cesse plus nombreux qui permettent des causes communes : leur nature est différente.

En tout cas , l’idée de « rapports de force » au sein de la gauche vient de loin et en gros est héritée d’une façon de voir qui doit tout aux mœurs putréfiées d’un monde qui n’arrête pas de mourir . « Le rapport de forces à gauche » est la préhistoire du politique et pour le moment présent , mortifére , mortifére pour tous .   Cette « idée » ne nourrit pas de « pensée » mais gorge les forces de gauche d’arriére- pensées . Pour les communistes c’est si j’ose dire , encore pire . C’est la seule chose ou peu s’en faut qu’on retient de ce qu’ils ou elles ont à dire . Et l’Histoire me semble avoir parlé : à ce « jeu » là, nous ne sommes pas les meilleurs. A un moment où il était déjà trop tard , nous inventâmes : « l’Union est un COMBAT » ; c’était la même partition en plus rude encore .  Toute la suite est contenue dans la question suivante qui se pose au PCF comme tel , pas seulement à lui , mais d’ABORD à lui. Qu’est ce qui fait la fonction d’utilité du PCF ? Qu’est ce qui fait son apport irremplaçable ? Ses propositions ? Sans doute en font elles partie mais là n’est pas ce qui conduisit Maurice Thorez qui n’était pas un illuminé , à lancer « Le Front Populaire » en dépit des freins de l’Internationale Communiste , comme chacun le sait. C’était l’inauguration , sans doute encore vacillante , hésitante , non formalisée d’une AUTRE PRATIQUE POLITIQUE , celle qui bouscule les codes, et du même coup est entendue dans les villages les plus reculés . Et parce que , cette pratique bousculait les codes , elle remporta une victoire qui en entraina d’autres aussi significatives , parce que cette pratique bousculait les codes , des millions de gens qui n’avaient pas d’attache politique , éventuellement des préférences , entrérent en mouvement. Cela fit-il disparaitre les désaccords considérables qui éclatérent  au moment de la Guerre d’Espagne ? Evidemment non . La situation d’aujourd’hui est de toute façon différente mais les périls tout aussi immenses ; laissons à d’autres les attitudes de dandy , du voyageur de l’impériale ; l’UNION EST UN DEBAT.

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