Monsieur « En même temps » ….
et les deux façons de le combattre
Chaque jour apporte son lot de stupéfaction ; la fausse monnaie n’a pas de limites ; Monsieur « En même temps » est épinglé par la médiacratie pour ce soit- disant « tic » ; à vrai dire ce qu’on lui reproche essentiellement c’est de manier la dialectique ; la lune est jaune et en même temps ce n’est pas sa couleur ; on ne va pas épiloguer ; la dialectique de Mr « En même temps » est faisandée mais ce n’est pas ce qu’on lui reproche ; la dialectique sent le marxisme …. Même si chez Monsieur « en même temps » il s’agit de tout autre chose. Que la bourgeoisie, les forces du capital sachent ce qu’est la lutte des classes et ne la « nient » pas, encore moins lorsque ses thuriféraires la déclarent « dépassée » , n’est tout de même pas une découverte …. Quant à son projet politique il sera examiné un autre jour ; ce projet existe bien au-delà de ce qu’on lit ici et là mais son « tic » en fait évidemment partie.
Depuis on voit toutes sortes d’expressions qui visent à faire voter pour Monsieur « en même temps », la pire à ma connaissance date de ce matin où dans Nice Matin on lit une admonestation de T Proudhon qui entend combattre le Front National de « façon mesurée » , les indignations étant déclarées par lui « improductives » ; ce plumitif exige qu’on combatte « ses arguments » ; c’est là une excellente façon de banaliser Mme Le Pen et son mouvement. Un démagogue d’extrême droite se reconnaît justement au fait qu’il faut le démasquer en permanence ; rien ne résiste à cet examen indispensable ; ce n’est pas du tout « combattre ses arguments » ; on la démasque en convoquant pour ce faire tous les moyens et j’entends bien que s’indigner ne suffit pas ; Stéphane Hessel doit quand même se retourner dans sa tombe ; l’indignation ne suffit pas mais elle est nécessaire, utile et vitale. Beaucoup a déjà été dit et celles et ceux qui en restent à l’indignation de confier la magistrature suprême à un ramassis de tout ce qu’il y a de plus rance dans la vie politique française ont au moins le mérite d’une réaction immédiate de dégoût.
Revenons un instant à « Monsieur en même temps » ; il y a deux façons de le combattre ; l’autre c’est le soleil dirait l’autre. Je n’épilogue pas sur l’idée qu’entre deux maux identiques on ne choisit pas ; et vous ne verrez pas écrire que l’un est « pire » que l’autre ; je ne suis pas un partisan du « moindre mal ». Les deux candidats en lice sont tous les deux dangereux pour notre pays et différents ; on ne les compare pas. C’est là la confusion et c’est là le point. Un score bas pour Mme le Pen rend ipso facto le programme de Monsieur » en même temps » sinon irréalisable, à tout le moins genre « quadrature du cercle » ; de tout côté son mal serait infini, le pays ingouvernable ; battre et faire battre Mme le Pen c’est envoyer le signal qu’on ne veut pas de l’extrême droite et dans extrême droite il y a « droite » . Prenons les choses par l’autre bout ; au point où nous en sommes le score de Mme le Pen sera de toutes façons beaucoup trop haut ; l’abstention joue en sa faveur de façon évidente ; le pays se réveillera sonné en songeant qu’après avoir vu la gauche éliminée du second tour – de peu ou de beaucoup ne change rien- il y aura demain une Assemblée Nationale avec un fort groupe Front National épaulé sur toutes les questions sécuritaires par ce qui restera de l’ »appareil » LR, idem pour la militarisation , idem pour les expéditions guerrières ; idem pour le renforcement de l’état de siège et les limitations en tout genre du droit de manifestation. Pour tout le reste, Monsieur « en même temps » sait ce qu’il a à faire. Pendant ce temps une gauche exsangue passera des mois à s’invectiver.
Résumons : S’abstenir c’est mettre demain le camp de la gauche KO debout. Entre l’extrême droite, la droite extrémisée de Fillon et autres Ciotti, et Monsieur « En même temps », il y a des différences mais dans les faits ils seront ensemble parfaitement complémentaires ; on peut compter sur le refrain « c’est pas moi, c’est eux » .
Le lien entre imposer le score le plus bas possible à M Le Pen et combattre dès le 8 mai la politique de « Monsieur en même temps » est fondamental.
A ce raisonnement, je ne vois pouvoir opposer qu’un argument qu’il faut examiner : que faites-vous des luttes cher camarade ? Certains obsédés du « Surtout pas Macron » ne tarderont pas à voir ce qu’il en est ; on croit toujours qu’avec la droite c’est plus simple de s’« opposer » ; et si en plus , Monsieur « en même temps » est sous influence de l’extrême droite , de ce qui reste de la droite, pour ne rien dire du reste du parti El-Khomry , alors c’est pain béni pour rassembler dans la rue . C’est à croire que l’expérience récente sous Fillon comme sous Hollande est muette. Les luttes seront infiniment plus difficiles à développer ; d’une part « le pays a voté », on vous servira cet argument matin midi et soir ; d’autre part « une fois pour toutes ce n’est pas la rue qui gouverne », ça, on va le resservir. Et si tout ça ne suffit pas il y a l’immense lassitude des salariées et salariés qui, ayant mené des luttes d’une âpreté exceptionnelle non sans des succès très limités, comprendront aussitôt qu’avec pareil paysage politique le relais parlementaire sera des plus réduits. Je ne parle même pas des forces qui dans le monde du travail appellent à voter POUR Macron.
J’ai lu que voter Macron c’était garantir Mme le Pen dans 5 ans ; je n’en parle pas ; il faut voter pour Mme le Pen immédiatement, l’espoir fait vivre mais l’attente mourir ….
IL faut le 7 Mai faire battre Mme le Pen et « en même temps » garantir qu’il n’y aura pas de répit le 8 : le seul vote qui le permette c’est l’utilisation du Bulletin Macron .