Teddy Francisot (avatar)

Teddy Francisot

Politique

Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 juin 2022

Teddy Francisot (avatar)

Teddy Francisot

Politique

Abonné·e de Mediapart

L'Hérault à l'égo : chronique de l'échec des dissidents

Alors que les partis traditionnels de la gauche sont parvenus à un accord historique après les résultats des élections présidentielles de 2022, le PS, le PCF et EELV ayant topé la France insoumise, dont la dynamique est incontestable, pour créer la Nouvelle Union Populaire Ecologique et sociale (#NUPES) des représentants du PS dans l’Hérault ont joué la dissidence.

Teddy Francisot (avatar)

Teddy Francisot

Politique

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Comme un mépris jeté au visage des électeurs et électrices de gauche, majoritairement favorables à l’unité, emmenés par Carole DELGA, Présidente PS de la région Occitanie, vent debout contre un accord avec la LFI, Messieurs MESQUIDA, Président PS du département, et DELAFOSSE, Maire PS de Montpellier, ont décidé de présenter et soutenir des candidatures dans plusieurs circonscriptions de l’Hérault, face aux candidats de la NUPES.

En cause, un programme qui serait trop éloigné de leurs convictions. La retraite à 60 ans, le smic à 1.400€, la bifurcation écologique, le blocage des prix, la timidité de Mélenchon face à la Russie durant la guerre actuelle en Ukraine, l’opposition aux pass sanitaire et vaccinal, ne seraient pas conformes à leurs convictions.

Ce serait oublier que s’accorder à 100% sur un programme est impossible. Suivant nos compétences, nos centres d’intérêts et nos exigences, les enjeux politiques du moment doivent nous inciter à s’allier à ceux qui se rapprochent le plus de nous pour faire gagner son camp. Or, pour savoir dans quel camp on se trouve, il faut déterminer l’espace politique dans lequel on se situe : se situent-ils et elle dans l’espace de la gauche, et alors, il aurait fallu s’allier avec les autres partis de gauche, et s’adapter au rapport de force actuel, qui est favorable à la France insoumise, ou alors on se situe dans un autre espace, qui est nécessairement plus à droite. Le conseil national du PS, sous l’impulsion d’Olivier FAURE, secrétaire national, a tranché : le PS se situe dans l’espace de la gauche. Et en fin de compte, le débat demeure, et les uns et les autres peuvent continuer à se convaincre, à l’intérieur de l’union, que d’autres choix sont possibles pour améliorer la vie des gens. Car c’est avec le débat et la discussion qu’on progresse, et c’est tout l’objet du parlement de la NUPES.

Mais, peut-être plus vraisemblablement, sauf à ce que Monsieur DELAFOSSE admette enfin qu’il est plus proche du Président Emmanuel Macron que de Mitterrand, Blum ou Jaurès, comme l’a fait Madame DELGA en soutenant une candidature LREM en LOZERE, l’accord national serait rejeté notamment car il n’aurait pas prévu de candidat PS dans le département de l’Hérault.

Un compromis qui demeure toutefois favorable au PS, puisqu’il représente plus de 12% des candidats de la NUPES, contre un score de 1,7% à la présidentielle, et un très faible score également dans l’Hérault ; et un groupe parlementaire est garanti.

Mais ce n’est pas assez, clament-ils, puisque leurs amis et compagnon de route n’ont pas été désignés.

Ces Messieurs ont oublié au moins deux choses en politique : la première est qu’un compromis n’est pas nécessairement une compromission. En effet, il n’y a pas de candidature PS dans l’Hérault. Mais il y en a ailleurs, et même dans des endroits où il sera demandé à des électeurs de gauche de voter pour des candidats PS Macron-compatibles. Dans un contexte où la haine des électeurs et électrices à l’égard du Président est vivace, existe-t-il pire définition de ce qu’est « ronger son frein » ? Si eux peuvent le faire, alors pourquoi pas les consorts DELGA-MESQUIDA-DELAFOSSE ?

La seconde est que personne n’est indispensable en politique. De sorte que ni ces dirigeants PS, ni leurs compagnons de route ne sont indispensables à l’expression politique de ce pays. Avec ou sans eux, il demeurera toujours des gens se réclamant de la gauche, mais rongés par leurs ambitions néolibérales et des gens se réclamant de la gauche et fermement opposé à ce projet destructeur.

C’est à cela qu’aura servi la clarification politique réussie par LFI : auparavant, la distinction gauche-droite se fondait sur la proximité avec l’aristocratie, puis le souverainisme, mais depuis le traité de Maastricht, la gauche ne sait plus sur quel pied danser.

L’impératif européen de libre circulation des capitaux est en contradiction avec l’intérêts des salariés. La distinction gauche-droite s’est alors fondée sur les libertés sociales, notamment sexuelles et raciales.

Toutefois, une partie de la gauche n’a jamais abandonné le combat salarial, et cette gauche a refait surface au moment de la victoire du NON au traité constitutionnel européen en 2005.

Les électeurs et électrices de gauche de ma génération (les trentenaires) n’ont jamais connu de gouvernement de la gauche antilibérale. Entre 1997, et 2002, il y a bien sûr eu les 35 heures, les emplois jeunes, en somme un meilleur partage des richesses, mais il y a aussi eu de nombreuses privatisations, sous l’égide de Monsieur Strauss-Kahn.

Quant au gouvernement Hollande, Monsieur Patrick COHEN a parfaitement décrit la situation dans son édito de « C à vous » du 9 mai 2022 sur France 5 : les électeurs de gauche n’ont pas pardonné à l’ancien président ses dérives très droitières, antimusulmans, anti gens du voyage, et antisociale.

Dorénavant, après les multiples tentatives d’union, des collectifs anti-libéraux de 2007, à la NUPES de 2022, en passant par le NPA de 2009, le Front de gauche de 2012, et LFI de 2017, la gauche est économiquement antilibérale et socialement libertaire.

Et toute celles et ceux qui ont tenté de nuire à la victoire de cette gauche aux prochaines élections législatives de 2022, les dissidents PS comme la candidate isolée, Madame Murielle RESSIGUIER, députée sortante ayant mail à partir avec la justice pour des faits de harcèlement moral à l’encontre de plusieurs salariées, ne pouvaient qu’être très nettement écartés.

Cette dernière s’est fendue d’un communiqué pour indiquer à quel point sa candidature était légitime. Elle n’a toutefois pas indiqué en quoi il était inapproprié de se mettre en retrait le temps que son litige judiciaire soit clos.

Ces dissidences ont donc été « balayées », des propres mots de Monsieur FAURE, secrétaire nationale du Parti socialiste.

Et leur égo pourra enfin redégonfler.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.