"Machini", comprendre la catastrophe du pillage des ressources en RDC par l'animation

Cuivre, cobalt, coltan, or, diamants... sont à la fois la richesse et la malédiction de la République Démocratique du Congo. Ces matériaux qui vitalisent nos économies, appauvrissent les sols et les vies des populations qui les extraient. "Machini" est un film courageux qui a le pouvoir en seulement 10 minutes, de nous faire prendre conscience de la gravité de la situation.

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On est né caillou et on redeviendra caillou. L'un des tours de force du film de Franck Mukunday et Tétshim, c'est de représenter un pigeon en vol, un nageur, ou un enfant qui joue, en animant – c'est-à-dire en rendant vivants – des petits cailloux. C'est d'une grande virtuosité technique, mais ce n'est pas tout. Le film décrit une ville congolaise au pied d'une mine d'extraction de cobalt et/ou lithium à destination des moteurs des jolies voitures électriques qui parcourent les rues de nos villes avec leur doux son feutré. Il nous montre l'endroit où, pour ne pas polluer ici, nous préférons intoxiquer là-bas. Le choix du caillou comme matière d'animation est en plein dans le mille : chaque individu de cette ville-là est la terre même que l'on exploite. Chaque individu, en fait, est la terre même que l'on exploite.

 Machini de Franck Mukunday, Tétshim (2019, 10 minutes)

En République Démocratique du Congo, par la force des choses et surtout des machines, nous sommes devenus des êtres somnambules, des damnés de la terre, des cobayes de l'histoire et de la machine.

Bande Annonce - Machini de Franck Mukunday, Tétshim © Tënk

Distinctions

  • 2020 : Festival international du court métrage - Clermont-Ferrand (France) - Regards d'Afrique
  • 2019 : IFFR - International Film Festival Rotterdam - Rotterdam (Pays-Bas) - Section Voices Short
  • 2019 : DOK Leipzig - International Leipzig Festival for Documentary and Animated Film - Leipzig (Allemagne) - Sélection
  • 2019 : Festival dei Popoli - Florence (Italie) - Sélection

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