Explorations explicites sur Tënk

Des films qui ne font pas seulement qu’aborder le sujet de la sexualité, mais qui relèvent le défi de la représenter, à travers toutes les potentialités et la complexité qu’elle revêt ; programmés avec le Festival du Film de Fesses.

Le Festival du Film de Fesses est né de l’envie de dessiner la sexualité joyeusement, librement, au-dessus ou en-dessous d’un besoin primaire. À travers une abondante programmation, toujours renouvelée, où s’épanouit une pluralité d’érotisme, le FFF espère l’éveil d'une conscience. Le cul comme vecteur d'une peinture intime et d'une revendication collective. Le Festival du Film de Fesses tend à remystifier l'art érotique à travers le cinéma mais également d’autres formes artistiques (la performance, le conte, le stand-up, la musique, la broderie, l’illustration, la photographie ou encore la poterie) travaillant la question du corps, de la sexualité, sa beauté.


Pour que vive l’audace, la poésie, l’impudence, le stupre, la malice, par tous les moyens !

Le Festival du Film de Fesses entamera en juin prochain sa 6ème édition.

Teaser - ESCALE : EXPLORATIONS EXPLICITES © Tënk

Anastasia Rachman, co-fondatrice, coordinatrice et programmatrice du Festival du Film de Fesses et Lysa Heurtier Manzanares, réalisatrice et programmatrice à Tënk se sont associées pour cette programmation sexuelle et explicite : 

« Toutes deux passionnées par cette thématique X, nous avions envie de montrer ensemble des films qui ne font pas seulement qu’aborder le sujet de la sexualité, mais qui relèvent le défi de la représenter, à travers toutes les potentialités et la complexité qu’elle revêt. Nous nous sommes tournées vers des films qui s'attachent à la fois à retranscrire le caractère intime de la sexualité, tout en osant se frotter, de plus ou moins près aux corps nus capturés, sans craindre de flirter avec cette frontière si sensible, si fragile de la pornographie. La particularité des films que nous avons choisi de présenter est de chercher à mettre en scène le sexe à travers un réel palpable et sensible, afin d'aller au-delà de la représentation pour retranscrire une expérience de la traversée des conditions humaines.

En anglais "to screen" (projeter, diffuser), veut à la fois dire, "révéler sur un écran" et "protéger derrière ou avec un écran". Ce double sens, que nous n'avons pas en français, exprime bien la nature du cinéma qui est à la fois de montrer à voir et de donner à imaginer. Cette caractéristique du cinéma renvoie au statut de la sexualité, naviguant constamment entre dévoilement et dissimulation. Ce couple antinomique "révéler et cacher" renvoie à celui de "réalité et fiction" et de "représentation (dans le sens de reproduction de la réalité) et fantasme" et questionne sur la séparation des genres, du cinéma classique, au cinéma érotique, à la pornographie. Brigitte Lahaie parle du cinéma érotique comme des préliminaires dans le rapport sexuel. Là où le cinéma érotique confronte l’abstrait, l’imaginaire, là où il convoque l’inconscient, le rêve, la pornographie n’existe que pour sa finalité : l’orgasme. En 1973, Luc Moullet voyait son film Anatomie d’un rapport, interdit aux spectateurs de moins de 18 ans, alors qu'il désirait filmer un acte sexuel comme dans la vraie vie, et débarrasser la sexualité de son image érotique à but masturbatoire. »


L’eXploration eXplicite que nous proposons de parcourir se décline en quatre temps, plusieurs continents, différents genres, à travers huit films qui se répondent en miroir.

 •• Coït, mon amour   ----------

Anatomie d'un rapport de Luc Moullet et Antonietta Pizzorno (79 minutes, 1976)
En couple depuis 3 ans, ils ont une vie sexuelle, mais un jour elle ne veut plus : elle n’a jamais éprouvé de plaisir avec lui.

Fucking in love de Justine Pluvinage (72 minutes, 2014)
D’une demande en mariage à une capote qui craque, voyage intime à la recherche de l’amour et du désir.

 •• Ça t'excite ?   ----------

Il n'y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni (85 minutes, 2015)
La voix 
d’un esprit mystérieux, interprétée par Nancy Huston, se réveille dans les méandres des centres de données de notre réseau mondial.

I don't want to sleep with you I just want to make you hard de Momoko Seto (30 minutes, 2016)
On pénètre un club d’hôtesses japonais : rendez-vous entre des hommes d’affaires et des femmes charmeuses.

 •• Charnelles traversées   ---------- 

Erotica, Exotica, Etc... de Evangelia Kranioti (73 minutes, 2015)
Les marins sont comme des terroristes. Ils arrivent dans un port avec une bombe appelée amour et la jettent…

This smell of sex de Danielle Arbid (26 minutes, 2008)
« Mes amis de Beyrouth me racontent librement leurs expériences sexuelles, secrètes, obsessionnelles » confie Arbid.

 •• Girl power   ---------- 

 Natalie. D de Angèle Béraud (5 minutes, 2018)
Au fil du crayon, nous allons suivre l’épopée amoureuse de deux femmes qui se rencontrent, qui se fantasment, puis qui se perdent.

Too much pussy! Feminist Sluts, A Queer X Show de Émilie Jouvet (80 minutes, 2010)
Road movie sur la post-pornographie et le mouvement féministe sex-positif.

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Escale eXplorations eXplicites disponible sur Tënk jusqu'au 15 juin. 

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