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Billet de blog 19 avr. 2021

Focus documentaire: la société chinoise en question

Figure devenue incontournable de la mondialisation, la Chine fascine autant qu’elle repousse. Bien décidé à laver l’affront du siècle des humiliations la Chine avance à marche forcée vers sa modernisation, au prix non seulement de ses traditions, mais aussi des franges les plus fragiles de sa population. Au pays du crédit social, filmer est un acte subversif.

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Na China

Réalisé par Marie Voignier (2020, 60 minutes)

Film soutenu par Tënk

Notre avis : Jackie, Julie et Shanny font partie des milliers d’Africains installés en Chine. Comme elles, des milliers de jeunes femmes et hommes partent chercher à Canton la possibilité de faire fortune, de se former ou de mon- ter une a aire se débattant dans l’économie globalisée chinoise. Baskets Nike au kilo, sacs Vuitton par colis de 100, chemises Gucci en palettes… tous les jours, ces petits ou gros investisseurs, débutants ou expérimentés, achètent et expédient des tonnes de marchandises qui s’entassent dans des containers à destination de Doua- la, Lagos ou Mombasa.

Le résumé : « Copie, original ? Ce qui compte c’est de savoir satisfaire sa clientèle. Toucher le tissu pour en estimer la qualité, passer commande au tailleur. Sous le regard attentif de Marie Voignier, nous découvrons l’expertise de ces entrepreneuses africaines venues monter leur business à Guangzhou.

Loin de nos imaginaires de l’import-export, dans cette économie qui s’organise à l’écart des régulations occidentales, tout se joue sur un bout de comptoir, avec une calculatrice.

On parle pourtant bien de commerce international, de marchandise à n’en plus finir qui transite entre les continents : les sacs s’amoncellent, les camions n’en finissent pas de se remplir, le bruit du scotch jusqu’au vertige. À Guangzhou, Marie Voignier nous fait toucher du doigt les mécanismes d’une mondialisation à l’œuvre, dans toute sa démesure. »

Bande-annonce "Na China" de Marie Voignier © Tënk

Derniers jours à Shibati

Réalisé par Hendrick Dusollier (2016, 60 minutes)

Film disponible gratuitement pour les abonné.es Médiapart

Notre avis : Hendrick Dusollier est avant tout porteur d’un regard curieux, celui d‘un touriste intelligent pris d’empathie progressive pour des citoyens qui vivent en contrebas de la tentaculaire agglomération de Chongqing.
Le choix de l’immersion et du cinéma direct est évidemment la bonne idée formelle du film. On découvre avec le réalisateur le réel d’un quartier en démolition, où nous conduit l’enfant guide Zhou Hong, jeune prince de ce dédale, et Mme Xue Lian, habitante d’un autre temps. Cette manière de nous faire découvrir en même temps que le réalisateur une humanité en train de disparaître donne au film une vitalité qui nous met immédiatement du côté de l’imaginaire de ces perdants magnifiques.
En se frayant un chemin dans un quartier en destruction, Hendrick Dusollier parvient à faire l’éloge d’une humanité perdue.

Le résumé : Dans l’immense ville de Chongqing, le dernier des vieux quartiers est sur le point d’être démoli et ses habitants relogés. Le cinéaste se lie d’amitié avec le petit Zhou Hong et Madame Xue Lian, derniers témoins d’un monde bientôt disparu.

Bande-Annonce "Derniers jours à Shibati" de Hendrick Dusollier © Tënk

China Dream

Réalisé par Hugo Brilmaker, Thomas Licata (2018, 21 minutes)

Film disponible en location pour les abonné.es de Tënk

Notre avis : « La vérité du marxisme à la chinoise du 21e siècle »… La dichotomie du discours du président chinois, parfaitement capitaliste, annoncé comme tout à fait communiste, se révèle à chaque instant du film. Des infrastructures modernes colossales, des vestiges prestigieux de la Chine antique et des ruines de quartiers en destruction cohabitent dans les mêmes images. Et on voudrait faire croire à une sauvegarde de la tradition à travers un vaste projet nommé « Nouvelle Route de la soie ». Ce sont bien des conceptions irréconciliables de la richesse et de la valeur qui se font face. Mais le rapport de force est vite vu… La refonte du décor est aussi question d’historiographie : on conserve et on fabrique les symboles de pouvoir.

Le résumé : Lors de son discours au Congrès du Parti en octobre 2017, le président Xi Jinping a présenté son projet d’infrastructures et de partenariats avec les pays limitrophes de la Chine, ce projet traduit « Nouvelle Route de la soie » a pour objectif de renforcer l’influence de l’Empire dans le monde et sa modernisation. Les victimes de ce raz-de-marée sont les habitant·e·s de Datong, qui voient leurs maisons et leurs héritages historiques détruits au nom de la modernité.

Bande-Annonce "China Dream" de Hugo Brilmaker, Thomas Licata © Tënk

Still Life

Réalisé par Jia Zhang-Ke (2007, 108 minutes)

Film disponible en location pour les abonné.es de Tënk

Notre avis : Depuis vingt ans, Jia Zhang-Ke scrute les transformations radicales de son pays, construisant une œuvre romanesque aux confins du documentaire. Dans ce film, le cinéaste chinois réunit deux personnages solitaires, tous deux plongés dans une recherche de l’être aimé et perdu. Leurs quêtes se déroulent au milieu du paysage grandiose des Trois-Gorges, alors soumis à la construction d’un gigantesque barrage. Projet voulu déjà par Mao, le barrage incarne la folle poursuite de la démesure humaine, qui sépare et déracine les individus, apparaissant comme sacrifiés sur l’autel d’une inexorable fuite en avant…

Le résumé : Chine. Ville de Fengje en amont du barrage des Trois-Gorges. San Ming fait le voyage dans la région pour retrouver son ex-femme et sa fille qu’il n’a pas vues depuis seize ans. Aujourd’hui, l’immeuble, la rue, le quartier où elles ont vécu ne sont plus qu’une tâche verte engloutie sous les eaux du barrage des Trois-Gorges. Dans la même ville, une femme, Shen Hong, cherche son mari disparu depuis deux ans. Là où la construction du gigantesque barrage a pour conséquence la destruction de villages entiers et les déplacements de population, deux quêtes amoureuses s’enlacent, deux histoires se construisent et se déconstruisent.

Bande-Annonce "Still Life" de Jia Zhang-Ke © Tënk

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