«Maalbeek» : raconter le traumatisme par l'animation

Sabine, survivante des attentats de Bruxelles, est à la recherche d’une image manquante : un jour qui a laissé une marque indélébile et dont tout le monde se souvient, sauf elle. Mais n'est-ce pas cette absence qui lui permet d’aller de l’avant ? A travers ce court-métrage d'animation Ismaël Joffroy Chandoutis cherche à désamorcer la peur.

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Maalbeek

Réalisé par Ismaël Joffroy Chandoutis - 2020, 16 minutes

Le résumé : Rescapée mais amnésique de l'attentat à la station de métro Maalbeek le 22 Mars 2016 à Bruxelles, Sabine cherche l'image manquante d'un événement surmédiatisé et dont elle n'a aucun souvenir.

Notre avis : L'explosion a été enregistrée par des dizaines de caméras de surveillance, les téléphones des témoins, les secours et journalistes dépêchés sur place. Pourtant, cette surabondance de matière visuelle et sonore entre en collision avec la difficulté à appréhender le réel, à s'en saisir. Même celles et ceux qui ont vécu l'événement semblent incapables de mettre des mots dessus, de se souvenir. Dégradant le signal vidéo, le fragmentant pour arriver à s'approcher d'une matière quasi abstraite, le film essaie de saisir ce qu'a pu être cette déflagration. Pourtant l'instant crucial échappe. Les sens, le bon sens et la mémoire disjonctent. Dans ce nouveau film hybride mélangeant images réelles et animation, Ismaël Joffroy Chandoutis nous propose un film puissant. Une expérience sur les limites de la perception et des sens.

Bande-Annonce : "Maalbeek" de Ismaël Joffroy Chandoutis © Tënk

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