Avec «Imagine demain on gagne», le monde se dessine en collectif

«Faut tout changer», un cri du cœur clôture le film. Mais certainement pas les histoires d'Esperanza, de Kyllian et de toutes les gueules cassées qui habitent ce documentaire magistral. Une fresque sur la colère des gens qui ne sont rien mais qui ont l'espoir d'être tout. Et surtout sur l'apprentissage d'un collectif qui, uni, ne sera jamais vaincu.

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 Imagine demain on gagne par François Langlais et Arthur Thouvenin (2020, 80 minutes)

24 novembre 2018. Dans la ville industrielle de Saint-Nazaire, des femmes et des hommes aux trajectoires et aux idées hétérogènes ont, vêtus d’un gilet fluo devenu symbole d’une révolte inattendue, réquisitionné les locaux d’une sous-préfecture désaffectée, rebaptisés « Maison du peuple ».

D'assemblées générales en chantiers collectifs dans la « MDP », ils esquissent ensemble les contours du monde dans lequel ils aimeraient vivre. Dans cette bande bigarrée, nous faisons la rencontre de Kyllian, collégien facétieux de 14 ans, porteur du fameux gilet depuis la première heure et Esperanza, ouvrière en arrêt maladie, syndiquée à la CGT, qui n’a pas hésité à sortir de sa « zone politique de confort » en rejoignant ces militants d’un genre nouveau.

Au cœur d’un mouvement guidé par la colère, nous suivons ces Gilets jaunes, découvrant la puissance du collectif, ses impasses parfois et la joie de la fraternité et de la dignité retrouvées. Leur plus grande épreuve sera de tenir ensemble, malgré la destruction annoncée de leur lieu de vie et la promesse du pouvoir d’un essoufflement du mouvement.

Entretien avec les réalisateurs d’Imagine demain on gagne

Gilets jaunes à Saint-Nazaire : le documentaire à ne pas manquer © Mediapart

 Premier film a être soutenu à la fois par Tënk et Mediapart vous pouvez visionner ce film sur Tënk jusqu'au 11 Juillet !

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