Fragment d'une oeuvre - Pietro Marcello, l'expérimentation au service du réalisme

Si l'épidémie de la Covid-19 ne nous permet pas encore de pleinement profiter des premières chaleurs estivales, le long week-end de l'Ascension est pour vous l'occasion d'aller à la rencontre de Pietro Marcello, cinéaste italien en marge des industries culturelles mais bien ancré dans la réalité sociale de son pays, à travers trois de ces films.

Auteur d'une filmographie radicalement engagée et indépendante, à la croisée entre réalisme social et expérimentation poétique, le sicilien Pietro Marcello s'est formé à l'académie des Beaux-Arts de Naples.

Passionné d'Histoire et de cinéma soviétique, il a au cours des 15 dernières années réalisé 8 courts-métrages et 4 films documentaires qui lui ont valu de nombreux prix, à Locarno et Toronto notamment. En 2019, il réalise son premier film de fiction, "Martin Eden" — basé sur le roman de Jack London — qui a été présenté à Venise (où l'acteur Luca Marinelli a reçu la Coppa Volpi) et à Toronto où il a remporté le prix Platform.

Ayant enseigné en milieu carcéral, il cherche à transmettre aux jeunes générations un cinéma de la nécessité, qui pousse à voir le monde autrement.

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Bella e Perduta

2015, 87 minutes

Pulcinella, le serviteur idiot, est envoyé depuis les profondeurs du Vésuve dans la Campanie d’aujourd’hui afin d’exaucer les dernières volontés de Tommaso, un simple berger : sauver un jeune buffle nommé Sarchiapone. Dans le domaine de Carditello, une résidence des Bourbons en ruine, abandonnée au cœur de la "terre des feux", dont Tommaso s’occupait, Pulcinella trouve le petit buffle et l’emporte vers le nord avec lui. Les deux serviteurs, homme et animal, entreprennent un long voyage dans une Italie belle et perdue.

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Il passaggio della linea

2007, 56 minutes

Un récit nocturne, un voyage au cœur de l'Italie à travers des trains de nuits fréquentés par les pauvres et les immigrés, qui parcourent la péninsule du sud au nord et vice-versa. Les trajets, les gares, les paysages, les industries, les architectures, les visages et les dialectes se mélangent et offrent un instantané du pays.

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La Bocca del Lupo

2009, 69 min

Enzo a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux d’une prison. Multirécidiviste, le gangster Sicilien y a pourtant trouvé l’amour, et une forme de salut, grâce à la poésie. C’est son portrait que dessine Pietro Marcello, restitué par bribes, comme autant de morceaux d’une vie brisée, et celui de cette population marginale des quartiers Génois de Croce Bianca, Via Prè, Sottoripa, dédale de ruelles coupe-gorge. C’est aussi le récit d’une histoire d’amour hors du commun, nourrie de la longue attente d’un paradis simple où l’on peut enfin vivre ses moments perdus.

Trois de ses films clés vous attendent en ce moment su sur Tënk.fr.

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