Shirley Clarke: une figure majeure du cinéma indépendant américain

Membre de l'avant-garde artistique du Greenwich Village, Shirley Clarke est née en 1919 à New York. Figure éminente du cinéma underground des années 60 aux côtes de John Cassavetes et Jonas Mekas, elle compte parmi les rares femmes réalisatrices de son époque. Restée injustement méconnue, son travail a pourtant influencé de nombreux artistes et fait aujourd'hui l'objet d'une revalorisation.

Shirley Clarke Shirley Clarke
Nous sommes heureux de vous présenter sur Tënk deux films réalisés par cette figure majeure du cinéma indépendant américain : son premier long métrage The Connection, ainsi que Portrait of Jason. Ils sont disponibles encore 4 jours !

Danseuse de formation, c’est vers le cinéma que Shirley Clarke concentre finalement ses talents. Ses premiers courts métrages sont symptomatiques de son obsession pour le mouvement : A Dance in the Sun (1953), Bullfight (1955) et Bridges Go-Round (1958).

 

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The Connexion, adaptation de la pièce homonyme de Jack Gelber, marque le début d’une série de films engagés socialement, où la fiction croise volontiers le réel. Bien que n'appartenant pas à la sélection officielle, The Connexion fut présenté pendant le Festival de Cannes en 1961 sous la pression de l'Association française de la Critique de Cinéma. Le film est alors acclamé et sera à l'origine de la Semaine internationnale de la critique. 

L'histoire : huit copains jouent du jazz et racontent des anecdotes en attendant leur dealer dans un loft de Greenwich Village. Pour se faire un peu d'argent, ils ont accepté d'être filmés par le vrai faux documentariste Jim Dunn... À travers cette fiction tournée comme un documentaire, Shirley Clarke joue sur notre perception du réel et dresse un portrait des marges de la société américaine.

D'abord censuré par les autorités américaines pour "vulgarité" et "indécence", le film sortira finalement en 1962.

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Portrait of Jason a été tourné une nuit de décembre 1966 dans la chambre qu’occupe alors Shirley Clarke au mythique Chelsea Hotel à New York. Seul face à la caméra, Jason se met en scène, interprète les personnages croisés lors d’une vie qu’il s’est partiellement inventé depuis son enfance et se raconte, une bouteille de scotch et une cigarette à la main. Portrait d’un homme au parcours hors normes, ce film de Shirley Clarke dresse aussi en filigrane un tableau lucide de la société américaine des années soixante.

Christophe Postic et Pascale Paulat, programmateurs de notre plage Fragments d'une œuvre, nous disent à propos de ce film : "Shirley Clarke s’approche ici encore plus d’une forme de théâtralité grâce à son fabuleux et fabulant personnage. Véritable performance, le film fut tourné en une nuit de douze heures dans une chambre, Jason raconte et se raconte. Il s’exécute aux demandes de la réalisatrice mais c’est bien lui qui mène la danse, en toute conscience réciproque. Les moments où imperceptiblement et confusément, il semble lâcher prise, finissent d’emporter l’agacement initial qu’on pouvait ressentir à son jeu excessif de séducteur. Un film complexe, trouble et excitant.". 


•• The Connection de Shirley Clarke (110 minutes, 1961)

•• Portrait of Jason de Shirley Clarke (105 minutes, 1967)

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