Sans un mot, dénoncer avec fracas les violences sexuelles dans "Le Chapeau"

À l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes nous choisissons de mettre de l'avant "Le Chapeau". Bouleversant, il a marqué à l'encre noire notre rétine. Michèle Cournoyer tranche par la crudité avec laquelle elle traite le sujet de la pédocriminalité et de la violence à l'encontre des femmes. ⚠️Attention, le film est réservé à un public averti.

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Le Chapeau de Michèle Cournoyer (1999, 7 minutes)

Mention spéciale et Prix FIPRESCI au Festival d’Annecy 2000

Un corps de femme adulte offert au regard d'un homme dissimulé sous un chapeau. Le trait noir du dessin se transforme. La femme devient enfant, le chapeau devient organe sexuel. À moins que ce ne soit l'inverse. Sans un seul mot, le court métrage de Michèle Cournoyer nous fait éprouver la confusion des corps et des époques qui se mélangent dans une succession de métamorphoses dérangeantes. Ces quelques minutes d'animation, dans une apparente simplicité graphique, nous permettent d'accéder à la mémoire corporelle d'une femme abusée sexuellement dans son enfance. On en ressort bousculé, en tout cas imprégné d'un trouble persistant, celui de voir dans la femme les traces de l'enfant blessée.

Éva Tourrent, Responsable artistique de Tënk

Retrouvez un entretien avec la réalisatrice sur en libre dans la revue 24 Images accessible sur le site Erudit.org

 

EXTRAIT - Le chapeau de Michele Cournoyer © Tënk

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