Sebastião Salgado, l'Amazonie, l'exode

Les liens de Sebastião Salgado avec l'Amazonie résonnent particulièrement aujourd'hui, tandis que la forêt brûle. Le photographe brésilien a beaucoup travaillé en son cœur et le thème de l'exode est omniprésent dans son œuvre. Le Sel de la terre, un film de Wim Wenders que l'on peut voir sur Tënk, rend compte de sa carrière de manière sensible et personnelle.

Regarder le film Le Sel de la terre aujourd'hui - en août 2019 - est quelque chose de particulièrement émouvant. Les dernières séquences nous montrent Sebastião Salgado au travail dans la tribu des Zo'é, au cœur de l'Amazonie. Le photographe y poursuit son plus récent projet, intitulé Genesis, consacré non pas aux conflits ou au labeur, comme il l'a fait tout au long de sa carrière, mais à la beauté du monde et de tout ce qui est encore préservé sur notre planète. Les Zo'é - l'une des dernières tribus non encore détruite par le monde extérieur. 

L'Amazonie brûle. L'Afrique aussi, la Sibérie... C'est un désastre, évidemment, et nous ne sommes pas loin du moment dangereux où nous nous habituons aux désastres, nombreux, habituels, inévitables. La zone où vivent les Zo'é n'est pas au point chaud des incendies. Mais combien de peuples en ce moment sont forcés à l'exode, voyant leurs territoires détruits par des feux, des chantiers, des conflits provoqués par la seule recherche de profits ? 

Le Sel de la terre (2014) © Le Pacte

L'exode, Salgado l'a photographié, longtemps. Il en a fait un livre entier. Il en a soupé, de l'exode, jusqu'au dégoût. Le Sel de la terre montre cela : un photographe qui a photographié la faim et la mort, la sueur, l'esclavage moderne, la sauvagerie humaine.  Et qui a besoin de passer à autre chose, enfin, de poser ses yeux, enfin, sur la beauté de la planète. Mais c'est un repos impossible à trouver : photographier ce qui est préservé - une communauté amazonienne, les morses, les Galapagos - c'est photographier ce qui est menacé. Impossible de ne pas se dire qu'on fait là de l'archivage pour les générations futures. Et l’actualité de cette fin août 2019 nous confirme dans ce sentiment terrible. 

Alors peut-être qu’il faut voir Le Sel de la terre pour sa fin. Autour des Salgado, au Brésil, on plante des arbres, des milliers d’arbres qui deviennent des millions et qui transforment un paysage désertique en forêt luxuriante. Il y a peut-être un peu d’espoir dans certaines situations désespérées

 

Pour les abonnés de TënkLe Sel de la terre est disponible encore 5 jours dans notre programmation et en VOD ensuite ! (film accessible uniquement depuis la France).

 


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