La vie au pôle Sud : un aperçu filmé du quotidien de scientifiques

Réalisé en 1992, le documentaire "Les Gens du Pôle" de Laurent Chevallier aborde des questions écologiques criantes d’actualité et pose les jalons de débats autour de l’appropriation des territoires et des aspects politiques de la science en nous offrant une suite de portraits d’hommes et d’une femme qui vivaient au Pôle Sud cette année-là ! (Billet de Pauline Marion)

© "Les Gens du Pôle" de Laurent Chevallier - Les Films d'Ici © Tënk
C’est d’abord l’image de la planète bleue que l’on voit surgir à l’écran. Puis doucement arrivent des paysages entièrement glacés de l’Antarctique. De ce continent grand comme l’Europe et les États-Unis réunis, nous en apprenons l’histoire politique. Qui l’a découvert en premier ? Est-ce l'anglais Cook Bransfield ou Ross, l'américain Palmer ou Davis ? Le Baron russe Bellingshausen ou le français Dumont d'Urville ? Peu importe, dès sa découverte à la fin du siècle dernier, l'Antarctique était déjà une terre internationale.

Les bases scientifiques qui parcourent le continent le montrent bien. Les lois internationales qui permettent la gestion de l’Antarctique aussi. En 1958, le "Traité de l'Antarctique" affirme alors qu'il est de l'intérêt de l'humanité que l'Antarctique soit, pour toujours, utilisé à des fins pacifiques : pas d'activité militaire, pas d'explosion nucléaire, ni dépôt de déchets radioactifs, mais terre de liberté de recherche et d'échanges des résultats entre pays.

 

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Si aujourd'hui, chacun respecte ce traité, personne ne vit de la même manière sur ce continent : c’est que l’on apprend au fur et à mesure des portraits que nous propose Laurent Chevallier. Avec simplicité, ce film nous fait découvrir les dessous de la vie scientifique en Antarctique : le quotidien des chercheurs, leur rapport à leur travail, à leur environnement, à l’isolement qu’impose ce mode de vie mais aussi aux dangers et à l’aventure extraordinaire toujours présents. On se laisse en effet porter par les diverses expériences qui nous questionnent autant qu’elles nous impressionnent. À l’époque, les femmes ne sont pas admises dans la base soviétique ni dans la base chinoise car la rudesse de ce travail n’est envisagée que pour les hommes. C’est néanmoins une femme qui nous racontera son histoire au sein de la base américaine. Quant à la base chilienne, c’est une véritable organisation familiale qui s’y déroule. Une école, une banque, un supermarché, des logements… Un village s’est implanté.

Des velléités d’installations plus pérennes se faisaient donc sentir. En 1992 déjà, la question du tourisme sur cette terre scientifique se pose également. Bien que l’on pouvait penser que les gouvernements semblaient garder le monopole de la présence en Antarctique, des agences privées de tourisme comme "Adventure network" se sont installées. Laurent Chevallier mettait donc déjà en garde contre les convoitises envers le Pôle Sud, qui mettent en danger son écosystème et celui, plus largement, de toute la planète.


•• Les Gens du Pôle de Laurent Chevallier (52 minutes, 1992)

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