La pluralité y est vibrante, l'acte ineffaçable

En août 1969 à Woodstock, dans une Amérique figée dans ses cloisonnements culturels, sociaux et raciaux, Jimi Hendrix joue l'hymne national américain d'une manière qui balaya bon nombre d'idées reçues. L'écrivaine Lydie Salvayre nous rappelle cet acte libertaire dans « Hymne », porté à la scène en janvier par Isabelle Fruleux. Un récit musical qui devient chant, prière, matière et vibration.

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Jim Hendrix, né le 27 novembre 1942 , mort à 27 ans le 18 septembre 1970.
« Il était timide.
Il avait le charme efféminé des timides.
Leur douleur.
Il approuvait courtoisement les conneries qu’on lui expliquait plutôt que d’en débattre. Il était incapable de dire non. Il était incapable de soutenir un regard hostile. …
Lorsqu’il parlait il mettait sa main devant sa bouche, comme pour s’excuser de l’ouvrir.
Il l’ouvrait peu.
Sa réserve était son inclinaison naturelle, et sa morale.
Il ne savait pas déchiffrer la musique; Il était infoutu d’écrire et même de nommer les formes musicales inouïes qu’il inventait. Le sentiment de cette incapacité aggravait considérablement sa timidité naturelle. Lorsqu’il se vit contrait d’avouer à Miles Davis (lequel lui avait transmis une de ses compositions en signe d’amitié), lorsqu’il se vit contraint de lui avouer qu’il ne savait pas déchiffrer sa musique, il eut envie d’entrer sous terre. Et d’y rester.
Il fut le 18 août 1969 l’audace même.
Il fit ceci, il s’empara de l’Hymne et il le retrouva.
Il eut ce front.
Il prit ce risque. » (Lydie Salvayre, Hymne)

"Un américain aux ascendances africaines, européennes et cherokee, issu des classes pauvres; leader d'un groupe majoritairement blanc devant un public qui l'est tout autant, revisite l'hymne national américain avec une telle virtuosité qu'il y laissera son empreinte. Dans un contexte violent de répression et de mobilisation contre la guerre du Vietnam, Hendrix s'adresse à son auditoire à travers le code commun des symboles patriotiques et leur fait dire autre chose. La pluralité y est vibrante, l'acte ineffaçable." Isabelle Fruleux, comédienne

+ d'infos sur les représentations à Ivry


HYMNE d’après Lydie Salvayre, du 16 au 31 janvier au Théâtre Antoine Vitez Scène d’Ivry,

avec Isabelle Fruleux, Felipe Cabrera à la basse et aux compositions, Vladimir Médail à la guitare, Coline Dalle aux costumes, David Antore à la scénographie et aux lumières, Claude Valentin au son, Carl Carniato à la vidéo et l’équipe du Théâtre.

Autour du spectacle, rendez vous samedi 25 janvier (10h30) à la Médiathèque d'Ivry, pour un café littéraire en compagnie de Lydie Salvayre & Isabelle Fruleux.

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