Militante du DAL, Joëlle a été expulsée !

Joëlle Mondoloni, ancienne présidente de l’association Droit au logement (DAL) à Orléans a été expulsée du logement qu’elle occupait depuis plus de 40 ans le 31 octobre, veille de la trêve hivernale. Plusieurs organisations d’Orléans et du Loiret la soutiennent et demandent à la Préfecture un relogement !

Comme beaucoup de militant.es du mouvement social orléanais, j’ai été stupéfait d’apprendre l’expulsion de Joëlle Mondoloni de son appartement, comme les conditions dans laquelle cette dernière s’est déroulée. Le communiqué de la fédération DAL reproduit ci-dessous détaille la situation de Joëlle.

Au début des années 2000, avec un ami, nous avons enregistré quelques entretiens dans le cadre d’une émission de radio sur Radio Campus Orléans. Joëlle avait à l’époque très chaleureusement répondu à notre invitation. Présidente de Droit au logement Orléans, animatrice du « Grand Raffut contre les inégalités et les exclusions » (une initiative du Forum social orléanais), elle avait une bonne heure durant parlé de ses indignations, des colères qui animaient son militantisme. Aujourd’hui retraitée de l’Insee, Joëlle y a également longtemps eu un engagement syndical.

Il faut croire que cette indignation ne l’a pas quitté : Joëlle est une lutteuse et semble bien décidée à faire respecter ses droits. Plusieurs organisations locales (l’Union syndicale Solidaires et la Confédération nationale du logement du Loiret, Alternative libertaire Orléans…), ainsi que des individu.es ont témoigné de leur soutien à Joëlle et ont interpellé publiquement la Préfecture. Nous avons partagé de nombreux combats communs avec Joëlle, pilier des années durant du mouvement social orléanais : nous ne la laisserons pas tomber !


Communiqué de la fédération Droit au logement (DAL) du 2 novembre

ORLÉANS : Invalide, retraitée, militante du droit au logement, Joëlle a été expulsée de son logement le 31 octobre. Elle s’apprêtait à payer sa dette...

Madame Joëlle MONDOLONI ancienne Présidente de l’ex-comité DAL d’Orléans, et retraitée de l’INSEE, a été expulsée mardi 31 octobre 2017,  veille de la trêve hivernale, du logement où elle vivait depuis 41 ans, pour une dette d’environ 4000 euros. Celle ci s’était constitué suite aux retards de plusieurs mois du versement de sa retraite complémentaire et de sécurité sociale, ce qui est de plus en plus fréquent, et inadmissible, car elle plonge les nouveaux retraités concernés dans l’endettement. La Fédération DAL  a été informée mardi soir de cette expulsion, ignorait les difficultés rencontrées par Joëlle et n’a donc pas été en capacité d’intervenir plus tôt.

Joëlle MONDOLINI est atteinte d'une maladie invalidante et dégénérative, et ne peut plus se déplacer qu’en chaise roulante. Elle a une bonne partie de sa vie et de ses souvenirs dans ce logement qu’elle louait  à un particulier pour un loyer de 643 €. Elle a été reconnue prioritaire DALO. Aucune proposition de relogement adaptée à son handicap  ne lui a été proposée . Elle a refusé d'être prise en main par un bailleur social du secteur, devant lequel elle avait eu à défendre des locataires mal logés. Ce  bailleur n’aurait pas de logement adapté au handicap de Joëlle M. et donc accessible aux personnes à mobilité réduite. Ce sont les propos de ce bailleur.

Elle s’apprêtait à régler sa dette  à la suite d’un petit héritage, mais avait eu des difficulté à accéder à internet. Elle a donc été surprise par l’expulsion manu militari, de surcroît la veille de la trêve hivernale, car n’ayant rien reçu de vos services, elle comptait avoir le temps de trouver une solution de relogement. L’huissière est intervenue avec le CFP en main, et l’a expulsé immédiatement avec le serrurier et la police. Ce mode opératoire est inédit  s’agissant de surcroit d’une locataire handicapé, et nous ne saisissons pas la cause de cette précipitation de dernière minute.

De plus, son propriétaire la laissait vivre sans chauffage ni eau chaude depuis plusieurs mois - chaudière hors service - malgré de vaines et répétées relances. Un FSL, aurait suffit à régler la la dette, mais aucun travailleur social (nécessaire pour une demande FSL) n’a constitué le dossier afin stopper la procédure en cours, et l’aider à accomplir les démarches...

Joëlle M. s’inquiète à juste titre du devenir de ses meubles et de ses affaires personnelles, car elle connaît trop bien les pratiques en vigueur en matière d’expulsion : PV et liste des biens bâclée et approximative, meubles malmenés, effets de valeurs et papiers qui disparaissent. Après une mis en garde meuble, les affaires sont jetées ou données à un organisme caritatif ... 

Elle a trouvé un hébergement provisoire de quelques jours chez un particulier, mais ça ne pourra pas durer. Elle demande sa réintégration, en attendant de trouver un logement adapté, dans quelques mois. Nous la soutenons dans cette demande.

La fédération Droit Au Logement, constate une fois de plus que les personnes les plus vulnérables âgées et malades sont frappées de plus en plus durement par les expulsions  dénonce cette mise à la rue cruelle, et demande sa réintégration en attendant d’être relogée. La fédération Droit Au Logement, qui constate qu’une fois de plus les personnes les plus vulnérables âgées et malades sont frappées durement par les expulsions, dénonce cette mise à la rue cruelle, demande sa réintégration en attendant d’être relogée.

La fédération demande aux autorités locales et à la Préfecture de se reprendre et de traiter avec plus de considération Joëlle M., car elle a défendu avec efficacité et énergie les mal logis, les sans logis et les locataires du Loiret pendant 15 ans jusqu’au drame de sa maladie, sans laquelle elle serait toujours aux avant-postes du combat pour le droit au logement. Une action action de solidarité à Orléans est envisageable.

Un toit c’est un droit !


Extrait du journal télévisé de France 3 du 29 décembre 2006, où Joëlle Mondoloni est interviewée.

Joëlle en 2006 © INA Joëlle en 2006 © INA

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