Fiché·e·s par Fdesouche : ça ne nous empêchera pas de lutter pour l’égalité

Comme syndicaliste SUD éducation, j'apparais dans le fichier mis en ligne par le site d’extrême droite Fdesouche. Avec l’ensemble des camarades de l’Union syndicale Solidaires qui se sont retrouvé·es fiché·es, nous avons décidé de nous associer à la plainte collective lancée contre ce que nous considérons comme une menace et une agression. Et ça ne nous empêchera pas de lutter pour l’égalité.

Comme syndicaliste SUD éducation, j’apparais dans le fichier mis en ligne par le site d’extrême droite Fdesouche.

Avec l’ensemble des camarades de l’Union Syndicale Solidaires qui se sont retrouvé·es fiché·es, nous avons décidé de nous associer à la plainte collective lancée contre ce que nous considérons comme une menace et une agression.

Nous ne nous laisserons pas intimider par l’extrême droite et nous n’oublions pas que le gouvernement a sa part de responsabilité dans la libération de la parole comme des actes racistes.

Aujourd’hui l’islamophobie d’État s’est dotée d’une loi sur le « séparatisme », les ministres Vidal, Blanquer ou Darmanin, perclu·es de morgue coloniale, ne cessent de cibler celles et ceux qu’ils affublent du stigmate « d’islamo-gauchiste », le même utilisé par le site Fdesouche. La secrétaire d’État chargée de la jeunesse n’hésite pas à déclarer qu’elle craint plus les « discours intersectionnels » que Zemmour.

Alors quoi d’étonnant à ce qu’un sombre site fasciste se juge autorisé à faire des listes de militant·es engagé·es pour l’égalité ?

Parce que c’est bien du combat pour l’égalité qu’il s’agit, duquel notre syndicalisme ne peut pas être extérieur. Combattre l’islamophobie, l’antisémitisme comme tous les racismes, et d’où qu’ils viennent, n’est pas un « à côté » de notre lutte permanente pour l’émancipation.

Et il faut inscrire ce combat dans toutes ses dimensions : parce que le racisme d’aujourd’hui est hérité d’un ordre du monde fondé sur la domination, la brutalité et les crimes de l’esclavage et du colonialisme, un ordre que des corps et des vies continuent de subir, qui se perpétue dans la Françafrique par exemple comme dans les différentes « politiques » d’immigration, répressives et meurtrières, ou le caractère raciste, maintes fois documenté, des violences policières.

Parce qu’il puise aussi, anciennement comme pour l’antisémitisme, dans la construction d’un « corps national » prétendument homogène mais structuré par l’exclusion.

Parce qu’il divise les classes populaires depuis que le mouvement ouvrier, là où réside les espoirs de notre classe sociale, existe : et c’est vrai qu’il peut être utilisé comme une « diversion » par des dirigeants cyniques… mais précisément parce  qu’une telle diversion peut fonctionner dans une société et un monde dont le racisme, comme système même et vecteur de reproduction des inégalités, reste à extirper !

Alors prendre en compte et s’attaquer, sur nos lieux de travail comme sur nos lieux de vie, aux assignations, aux discriminations et aux violences racistes et raciales telles qu’elles existent réellement et concrètement est un préalable pour ça. Sans quoi tout « universalisme » ne sera jamais qu’une abstraction.

Quand ça ne sert pas de hochet réactionnaire à certain·es.

Aujourd’hui toujours, cette « zemmourisation des esprits » qui veut faire croire que défendre « la liberté » c’est défendre l’occident blanc et chrétien, gagne de plus en plus de terrain. Le retournement des valeurs (comme celle de laïcité) est un élément de cette nouvelle « solution fasciste », comme le durcissement de l’autoritarisme d’État qui va de pair avec un ordre capitaliste aux abois face à une crise sociale et écologique majeur.

Ce qui se passe, c’est que cette forme de « fascisme qui vient » voit son espace politique s’élargir à mesure que les luttes pour l’égalité reculent, et tant que notre solidarité de classe et populaire ne s’impose pas.

Alors il faut des luttes, et il faut toutes les luttes.


Le communiqué de l’Union Syndicale Solidaires : Fichage de militant·es antiracistes : l’extrême droite est bien notre ennemie !

Le communiqué de SUD éducation : SUD éducation soutient les militant·es fiché·es par l’extrême droite : stop à cette intimidation nauséabonde !

Le communiqué intersyndical CGT, FSU, Solidaires, MNL, Unef, UNL : Contre le fichage de syndicalistes par l’extrême droite

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