Comediante !

Disons le encore et encore je n'ai que peu de sympathie pour le mouvement social actuel et craint un peu plus chaque jour que l'arrangement final ne se fasse que sur le dos des plus faibles, sur le dos des sans droits ! Le fait de défendre les soit disant acquis sociaux devrait en effet être une lutte universelle et je me devrais comme il se doit d'y participer, mais !

 Seulement voilà : ce qui m'empêche aujourd'hui d'entrer dans la danse c'est précisément ce mot "universel" ! Bien qu'il prétende le contraire notre système social n'a rien d'universel et pire encore : s'il protège bien les salariés les mieux encadrés il oublie allègrement (enfin pas pour les prélèvements  quand même) la masse informe des précaires et des sans emplois ! Pire, il empêche les plus fragiles d'entrer sur le marché du travail et les condamne de manière quasi certaine à une vieillesse de misère ! Bref : à mon sens il fonctionne à l'envers et l'on cherche à protéger aujourd'hui ce qui l'est déjà, sans voir les trous béants, les interstices gigantesques qui maillent le système !

Cette confrontation d'opérette qui oppose le gouvernement et ses éléments de langage aux syndicats déjà hyper rodés à la langue de bois, laisse déjà de coté cette masse de retraités informe qui perçoit à peine le minimum vital et s'accroche finalement à la manche du Président de la République comme un gueux se serait agenouillé devant la figure du roi thaumaturge dans le seul but d'avoir de quoi manger ! Elle laisse de coté ces pauvres gueux parce que de toute manière

Oui dans ces interstices dont je parlais tout à l'heure : on a faim et on vient supplier le monarque, en dernier recours, ou pire encore on s'immole sur le parking de pole emploi parce qu'on se voit supprimer ses maigres subsides  !

Et là étrangement pas une minute de silence...Pas un mot...Pas une colère syndicale, alors même qu'à l'instar du peuple du Maghreb qui sait encore ce que c'est d'avoir faim, c'est  toute une révolution qui devrait se mettre en branle ! Tout un peuple débordant d'émotion se mettant en marche pour dire : "plus jamais çà..." Pour un tabouret et une boite de cirage !

C'est dire si on en vient à marcher sur la tête et à re- croire au père noël : on va manifester pour conserver ce "tiers temps" cet "espace de liberté" et "d'épanouissement" alors que nous ne sommes pas capables d'assurer un minimum de bien être aux plus fragiles ! Alors même que nous sommes des millions à frapper à la porte de l'emploi et du logement sans que personne ne moufte !

Colère factice, réforme factice !

Comme hier, on taira demain (même avec ses "mille euros") la faim des plus fragiles !

Bientôt les drapeaux seront rangés, les débats seront tus et l'on verra toujours de ces vieux (pourtant pas clochards) fouiller dans les poubelles pour y trouver de quoi manger !

Indignité ! Indignité !

Comediante !

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