Le droit de mourir

C'est en feuilletant les pages d'un réseau social que j'ai retrouvé celles d'un de mes proches aujourd'hui disparu ! Je me suis alors demandé pourquoi il était si difficile de supprimer un profil et je m'inquiète maintenant de savoir quels sont les droits qui sont attachés aux données divulguées sur le net ?

 

 

je sais que mon avis ne sera pas partagé par les personnes concernées par ma chronique, mais voilà l'apparition sur ma page facebook de personnes maintenant disparues me choque.
Même si l'opinion semble s'intéresser de plus en plus à ces "doubles virtuels" et envisage de ce fait "d'exister après". il me semble, là encore, que les disparus appartiennent d'abord et avant tout à leur proches, A leur famille.
A moins bien sûr que quelques biographes se penchent sur ces disparus devenus soudainement célèbres, les pages; les écrits et même les photos des intéressés devraient revenir à leur proches et à eux seuls, sauf volonté expresse des défunts bien sûr.
Ainsi fait, on ne survivrait pas par inadvertance par étourderie, et j'allais le dire : la mort retrouverait ses droits, même sur la toile !
Mais, mais me direz vous : il existe de nombreux "immortels" au sens ou vous l'entendez, et on continue bien après leur morts à utiliser, diffuser leur image.

Peut être, mais la mort de ces gens là (acteurs, chanteurs, hommes politiques...) est synonyme pour eux de leur disparition de l'espace publique dans lequel ils exercent leurs talents. D'une certaine manière ce sont des gens qui appartiennent à une autre dimension et qui surgissent dans notre quotidien de manière si récurrente qu'on peut estimer avoir avec eux une certaine familiarité !
Par ailleurs, en vendant leur image ces personnes ont cédé leur "droit à la mort ", leur concert, leur prestations scéniques sont la propriété de leur ayant droit et de leur maison de production.

Il en va tout autrement, à mon sens, des personnes privées qui, elles devraient pouvoir disparaitre des écrans à leur mort, quitte à exiger des éditeurs qu'ils restituent les contenus qu'elles ont créés à leurs ayant droits

A eux de juger alors de la pertinence qu'il y a à maintenir leur diffusion quitte à en modifier la forme.

Attention l'affaire n'est pas si anodine que çà. Il me semble en effet que des plateformes comme facebook et autres, sont d'abord et avant tout des exploitants de contenus créés par d'autres ! Or ce devrait être les auteurs qui devraient rester les véritables bénéficiaires de la valeur, ce qui n'est déjà plus le cas aujourd'hui, et ce qui apparait véritablement choquant lorsque l'auteur n'est plus de ce monde. Et mieux encore ce devrait être les auteurs et eux seuls qui devraient pourvoir exercer leur droit à la mort, à leur mort. On verrait ainsi apparaitre une manière raisonnée de sortir du cyber espace qui donnerait à leurs utilisateurs de nouveaux droits : comme ce droit à disparaitre par exemple. Un droit fondamental, à mon sens...

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