L'arbre qui cache la forêt

Moi je les aime bien les gens qui s'attaquent aux ultra riches aux Bezos, au Macdonatiens et autres patrons perclus de fric à n'en plus pouvoir,à ne plus savoir qu'en faire ! Ces Robins des Bois d'un nouveau genre m'inspirent un peu d'espoir, mais...

Comme d'habitude je vois un "mais" dans leur combat, et ce mais est de taille dans la mesure où l'attaque contre les ultra riches permet de passer sous silence les questions concernant la classe moyenne, ses revenus et surtout les moyens de mieux les répartir !

On peut en effet critiquer avec virulence l'insolente richesse du patron de Microsoft, mais force est de constater que premièrement cette richesse nous en profitons tous dans la mesure où cette entreprise fait fonctionner près de la moitié des logiciels bureautiques que nous utilisons tous les jours. On pourrait de même s'attaquer avec violence au magna de la médecine ou pire encore de la pharmacie, mais la crise du corona virus nous a encore démontré combien il était capital de posséder des laboratoires capables de se mobiliser en quelques semaines pour mettre au point de nouveaux vaccins !

Oui : "capital", le mot, le gros mot a été lâché, le symbole de l'exploitation de l'homme par l'homme, s'est pour une fois penché sur le sort de l'humanité, et avec quel brio !

Alors...

Alors moi, j'suis gêné par tous ces "va-t-en-guerre" qui conchient les laboratoires, les GAFA ,les grands groupes automobiles(...) qui bon an mal an leur fournissent tout de même la substantifique moelle de leur vie quotidienne.

"Ils n'aiment pas" disent ils, mais ils en croquent tous les jours !

Et le pire c'est qu'au fond d'eux mêmes, ils ne sont pas mécontents de la manière dont les choses tournent !

Capitalistes ils ne le sont pas certes, mais demandez leur s'ils n'empocheront pas la plus valus qu'ils réaliseront en vendant leur petite maison ou leur appartement ?

Demandez leur même s'ils sont prêts le cas échéant : à la partager ou à l'abandonner au profit d'un système social aux abois ?

Bah non bien sûr, et on touche là justement aux limites de la contestation du système : on ne veut pas des entrepôts d'Amazone , mais on est pas gêné de commander sur son site. On critique à gorge déployée les odieuses manipulations boursières qui font des milliardaires, mais dés qu'un sous peut en rapporter deux ou trois on est tous preneurs...

Alors comment imaginer que les choses changent vraiment, sans un tsunami, une catastrophe mondiale qui nous contraigne, nous contraigne réellement à changer en profondeur ?

En cela hélas, le corona virus aura échoué à nous ramener tous à la raison : faut il s'en réjouir et saluer comme il se doit le retour à la vie d'avant ?

Je ne sais pas, mais j'ai un peu le sentiment que cette attitude ressemble à celle de ce supplicié qui demande : "encore une minute monsieur le boureau'.

Nous vivons en permanence avec des menaces que nous savons au dessus de nos têtes, mais nous feignons de croire que la croissance infinie règlera à elle seule la question de la pauvreté alors même que nous avons les moyens de le faire dés maintenant en acceptant enfin (et pour le bien de tous), un monde sans croissance dans lequel tous les hommes sont prêts au partage !

On pourrait choisir cette voie là, mais quelques partisans de la fin du monde veulent encore croire qu'il finira en apothéose, pardon dans un ruissellement infini, alors qu'il a toutes les chances, en fait, de s'effondrer dans un fracas épouvantable. Nous avons tort de les croire, en effet, l'infini n'est qu'une notion mathématiques et n'a jamais trouvé aucune illustration dans l'histoire naturelle ou en économie.

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