D'une profonde injustice

La lutte contre les inégalités passe par une modification des règles d'héritage au profit des petits enfants : à quand des petits enfants réservataires ?

Cà n'est pas seulement ma position qui me fait écrire de la sorte c'est aussi, et bizarrement, "le murmure résiduel" de la société qui me laisse à penser qu'il faut revoir nos règles de fond en comble !
Tenez, prenez simplement l'exemple de l'héritage : ce truc bizarre qui a survécu à la révolution Française, même s'il a été amandé avec la suppression du droit d'ainesse (à mon grand regret bien sûr) !
Je n'ai jamais cessé de fustiger ces règles idiotes qui voulaient que ce soient les enfants qui héritent en priorité et à égalité de leur parents défunts, et ce d'autant plus que les gouvernements successifs ont fini par mettre tant de bêmôles à ce droit que çà en devient compliqué
Cette règle si bizarrement écrite encore aujourd'hui, met, en effet, à mal, la recherche de l'idéal égalitaire et provoque un véritable gap entre générations ! Gap insupportable s'il en est.
On pouvait comprendre, certes, que les enfants héritassent de leurs parents lorsqu'ils mourraient jeunes et n'avaient encore qu'une descendance limitée.
Mais aujourd'hui, ces affaires d'héritages continuent bien sur de pourrir la vie des ayants droits, mais en plus frustrent de manière certaine, ceux qui auraient bien besoin de cet argent pour enfin se dégager de la dépendance dont il sont encore l'objet ! Je veux parler là, bien sûr, des petits enfants,voir des arrières petits enfants !
L'allongement de l'espérance de vie au court du siècle, aurait dû, à mon sens s'accompagner d'une modification des pratiques, et les petits enfants auraient dû, bien plus que les enfants, s'imposer comme les véritables héritiers réservataires, or il n'en est rien, alors même que ce sont les jeunes qui ont, aujourd'hui le plus besoin d'aide et de financement !
Il devient donc urgent, à mon sens, de rendre aux jeunes leur droit à hériter, fusse au dépends des héritiers à venir. Au moment où les questions de logement, d'accès à l'emploi, de droit à la citoyenneté pour les jeunes sont aussi prégnantes, le fait de se savoir protégé de la grande pauvreté par la bienveillance marquée des grands parents pourraient débloquer ainsi beaucoup d'initiatives qui ne voient pas le jour aujourd'hui !
Je sais que depuis Nicolas Sarkozy (hélas) nos règles évoluent à rebours de ces idées, et visent surtout à préserver les droits des conjoints survivants !
Outre le fait que la loi le permettait déjà ( je le sais d'expérience), le fait que l'on renforce encore les droits des "beaux- de toute sorte " accroit le risque de rupture générationnelle" entre vieux bobo et jeunes affamés (surtout lorsque le "beau" survivant est presque aussi âgé que les enfants ou petits enfants) !
Alors ?

Alors malgré ce qu'il pourrait m'en coûter en matière de frustration (puisque j'ai passé mon tour), j'en reviens à penser que l'accumulation de capital par une génération qui s'est déjà constitué un pécule personnel n'a aucun sens. Elle est même contre productive, dans la mesure où : elle sert trop souvent à acheter des maisons, vides les trois quarts du temps  ! Si l'on veut donc réduire les inégalités, agir sur les règles d'héritage au profit des petits enfants (quitte à les voir se ruiner de manière éclatante dés les premières années), éviterait pour le moins  qu'un vieux gâteux ne vienne accroître les tensions familiales, ou pourrir ce qui reste de vie à sa descendance, ce qui pourrait singulièrement nous simplifier la vie, en mettant fin, définitivement à des conflits inutiles et coûteux !

Tiens, on pourrait même imaginer qu'une telle mesure participe grandement à réduire le déficit public, puisqu'elle contribuerait de manière certaine, à sortir un grand nombre de jeunes de la pauvreté !

Alors ?

 

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