Et d'ailleurs,

Et d'ailleurs, puisqu'il m'est permis de m'exprimer sur le sujet, je dirai que ces fameuses questions d'héritage devraient être l'occasion de mettre les ayant droits devant certaines de leurs obligations.

J'ai fustigé tout à l'heure la position du droit français sur les questions d'héritage et j'estimais que c'était aux petits enfants et non au enfants d'hériter le cas échéant de leur grands parents.

A cela se greffe une expérience très personnelle mais aussi sans doute plus répandue que je le pense.

Il se trouve que j'ai été le petit fils d'un de ces assujettis à l'ISF, et bombardé, même, à un moment donné son "secrétaire particulier". Je vous laisse imaginer combien de fois il m'a été répété lors de cette expérience que "tout çà serait bientôt à moi" et qu'il était temps pour moi justement d'apprendre à m'en charger". En de nombreux points donc, j'ai déchargé mes grands parents d'une partie de leur fardeau, sans toutefois chercher à en profiter réellement d'un point de vue financier, et à de très nombreuses reprises je les aie entendu pester contre Mitterrand qui "leur volait (et qui me volait par voie de conséquence) leur pognon par le biais de l'ISF" !

A cette époque déjà, ces personnes qui vivaient à deux dans 400m2 avaient déjà une petite fille et petit fils au chômage, et s'ils acceptaient de soutenir du bout des lêvres leur petit garçon, ils récusaient en revanche l'idée d'en faire autant pour sa sœur. Il faut dire que votre serviteur alors dans l'embarras trouvait la situation moins désagréable que s'il lui avait fallu vivre simplement des subsides de l'Etat.

Reste que les deux petits enfants vivaient bel et bien au dépend des finances publiques sans que cela gênât le moins du monde leurs aïeux dont on aurait pu penser qu'ils voleraient à leur aide sans aucune condition !

Après qu'ils eurent disparu tous les deux, ce furent évidemment les deux enfants qui firent valoir leur droit, et parfois avec la violence nécessaire. Le premier possédait déjà (pour le moins) deux maisons, et le second plusieurs biens mobiliers, immobiliers et valeurs de rapport,  dont je n'ai jamais cherché à évaluer la valeur totale, tant le personnage m'apparaissait sous les traits les plus sombres !

Les deux héritiers ont pourtant abandonné les "laissés pour compte" de la famille à leur triste sort. Et si le rédacteur de cette triste chronique s'en est finalement sorti, c'est sans doute plus par chance et acharnement que grâce à une solidarité familiale, qui aurait du, pour le coup être sans faille !

Comment mieux illustrer le propos que j'ai tenu lors de ma dernière chronique ? J'avais accepté un statut étrange, en tant que petit fils, auprès de mes grands parents et du jour au lendemain les enfants qui avaient abandonné la situation et le quotidien de leur parents, se réveillaient tout à coup sans que le droit me donne la moindre chance d'être seulement entendu dans mes aspirations !

J'avais alors moins de trente ans à l'époque, et des rêves pleins les poches, mais l'avarice, la petitesse de "mes parents", leur volonté acharnée à  me demander des comptes sur la moindre de mes actions (que j'avais entreprise parce qu'il ne voulaient pas s'occuper des choses) m'ont dégouté.

J'ai oublié un détail : ma sœur, malade, vit aujourd'hui dans une petite chambre de 8 m2 que lui a octroyé l'assistante sociale, et mon père, pendant ce temps, peste contre l'ISF !  

Ainsi finissent parfois les petits enfants de riches, parce que la loi, le conservatisme, et surtout l'égoïsme, font fi de la raison et de la logique économique la plus saine qui devrait imposer aux ayant droit d'une succession de prendre soin de leur descendance lorsque celle ci est empêchée ou malade !

Gâchis !

       

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