Que n'avons nous placé François Bayrou plus tôt au gouvernement ? Peut être que nous aurions eu enfin la grand débat qui nous anime, beaucoup plus tôt et qu'il y aurait eu enfin les questions qui fâchent au coeur de la politique du pays !
Vous trouvez çà normal vous, des retraités qui partent en vacances pendant que nombre de salariés sont incapables de joindre les deux bouts ?
Vous trouvez çà normal, vous, ces patrons qui nous expliquent jour après jour que notre système social coûte trop cher et qu'il ne faut en faire payer la facture qu'aux seuls actifs en délocalisant massivement et en supprimant des postes de travail partout où c'est possible ?
Vous trouvez çà normal, vous, que des vieux, vivent aujourd'hui, survivent devrais je dire avec 893 € brut par mois pendant qu'une minorité assez confortable d'entre eux ont un revenu supérieur à la moyenne des actifs ? Pendant que le système des retraites est dors et déjà la cause majeure de notre déficit social ?
Allez çà ne me fait pas plaisir de travailler deux jours de plus, au regard de ma situation personnelle je serais même fondé à penser que c'est injuste puisqu'à mon âge beaucoup de gens sont déjà à la retraite, mais puisqu'il nous faut, parait-il, faire des efforts, peut on imaginer de les imposer, ces efforts, aux seuls exclus du système ?
Non, non décidément çà : çà doit cesser !
Comme c'était facile de montrer l'autre trottoir pour dénoncer la nonchalance des chômeurs, alors même que le différentiel entre le RSA et certains Smic à temps partiel est aussi dérisoire !
Comme c'était simple de dire qu'il suffisait d'imposer un peu plus les seuls actifs pour rééquilibrer les systèmes et s'exclamer sans complexe : après moi le déluge ! Pensez ce sont, parait il, les retraités qui ont élu F.Bayrou et même E Macron, ils se croyaient à l'abris !
Comme c'était confortable de pointer du doigt ces pauvres erres qui survivent en foyer et auxquels décidément on ne trouve pas de solution parce que l'emploi peu qualifié a déserté nos contrées, parce que les usines de notre pays ont fermé les unes après les autres et que même les caisses de magasin ont, désemparées face à une taxation du travail délirante, fui !
A l'abris des massacres sociaux réalisés depuis des années, certains ont pu considérer qu'ils avaient payé suffisamment leur droit au repos, les voilà eux aussi rattrapés par la réalité économique, par la brutalité sociale d'un gouvernement qui n'hésite pas à parler d'électrochoc. Voilà qu'enfin, ils vont être eux aussi appelés à constater la dureté de prélèvements qui s'exercent depuis trop longtemps sur la seule fiche de paie !
Alors, ne croyez pas que je sois satisfait et que je m'en vais dresser ma propre croix dans la joie et l'allégresse. Non, je suis choqué, mais heureux. Je suis choqué parce que travailler deux jours de plus (et pourquoi d'ailleurs ?) çà me sera difficile, mais heureux parce qu'enfin je vais avoir l'impression que cette mesure a une contre partie, et j'espère que le gouvernement restera ferme sur ce point ! Je ne serai pas mieux payé, mieux protégé, mais ceux qui le sont déjà et parfois depuis longtemps, seront un peu plus exposés, en d'autre terme : l'idée de contrat social renaitra ! Je consentirai à des sacrifices, mais ils seront partagés : ENFIN !
Peut être même, qu'avec le temps, puisqu'il parait que je suis condamné, moi, à travailler plus tard que les autres, je retrouverai un peu de sens à mes efforts (parce que çà, çà n'est jamais abordé : on a gaussé sur les 62 ans, mais jamais abordé le problème immonde des 67 ans !) . Du sens à mes efforts d'ouvrier, çà peut paraitre bien peu de choses, mais dans le contexte actuel, c'est véritablement essentiel : il faut que le travail paie, çà n'est pas seulement un impératif pour l'ouvrier qui ne trouve plus à se loger du fait de salaires trop faibles, c'est une nécessité absolue pour une société qui se prétend bâtie sur les valeurs de l'effort et du dépassement de soi !