Grosse rigolade

Oh zi va j’comprends àp ! Y’a les profs qui s’plègnent ! J’y crois pas !

Non sans plaisanter je rigole assez amèrement de voir la presse et les média s’interroger maintenant sur les problèmes de la violence à l’école !

C’est vrai qu’une mort violente a récemment défrayé la chronique et qu’il faut bien en parler ! Sans doute même, faut il interpeler l’opinion; ce sera toujours çà de fait pour continuer à l’aveugle, pour surtout ne rien dire ! Parce qu’on a le droit de ne.rien dire d’écraser !

Dommage parce que çà fait des années que des professeurs, des anciens de l’éducation nationale, des non enseignants même, tirent la sonnette d’alarme : l’école (au moins dans certains quartiers brûle ! Et quand je dis brule, je le dis de manière concrète : notre école brule !

 »Non sérieux, c’est pas vrai, ils n’ont pas recommencé ?

-si,si, çà brule et çà brule sérieusement... »

J’ai pas eu le temps de finir ma phrase....Sirène hurlante !

Pompiers, à nouveau, évacuation et fermeture administrative du collège !

Nous étions alors en 1991 et à l’origine de la contestation de ces gamins, il y avait une affaire de contrat qui avait mal tourné et qui devait conduire trois élèves devant le conseil de discipline dans les prochains jours (pour une affaire qui, dans le milieu, aurait été considéré comme criminelle) ! Devant les troubles récurrents, on ne parlait plus alors que de M et mÊme Vaux en Velin apparaissait maintenant comme une petite ville tranquille La « caillera » avait envahi l’espace et même les momes les plus sympathiques avaient fini par se dresser en justicier contre les professeurs !

 «Zi va nous aussi on nous frappe, nous aussi on nous menace, c’est normal qu’on se venge ! »

   Bah voilà, on avait beau se dresser contre les parents quand ils tombaient à bras raccourci sur leurs gamins à la moindre incartade, on avait beau se présenter comme la seule et unique chance de quitter cet univers glauque de la « téci » comme ils le disaient eux mêmes, ils avaient une vengeance à assurer, et cette vengeance elle prenait corps maintenant au travers de ces incendies à répétition, et du ballet incessant de ces policiers qui procédaient aux interpélationx au sein même du collège !

On était en 1991 ! Il y a bientôt trente ans !

Oh s’il n’y a pas eu de morts, ce n’est pas par gentillesse, non, c’est sans doute parce que les professeurs et autres intervenants ont été trop doux, trop coulants, comme les élèves le disaient eux même. Ils ont , comme moi, évité la confrontation directe...

Enfin évité jusqu’au moment où à bout de nerf (çà use, croyez moi ) j’ai répondu à mademoiselle Meb.. que moi aussi je l’emm...

Je n’ai pas osé finir, mais c’était dit.

Il faut dire qu’auparavant la gentille mademoiselle Meb était rentrée dans le bureau de surveillant (ou elle n’avait pas le droit de se trouver à cause des nombreux vols commis) en hurlant parce qu’elle était renvoyée de cours : « j’en ai marre de ce collège de merde, je vous fait tous chier... »

Les faits se sont déroulés courant Mars, et l’addition m’a été effectivement présentée : fin juin !

J’ai payé !

Mais personne n’a rien dit !   

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