Sortir de l'injustice !

Non non, ne hurlez pas déjà je n'ai encore rien dit. Apprêtez vous seulement à lire des choses qui déplaisent, mais surtout ne me dites pas que vous en êtes surpris, il y a déjà pas mal d'années que je dis la même chose !

Non sans blague, vous m'auriez dit il y a seulement deux ans qu'on verrait EM se muer tout à coup en gestionnaire de la crise, déversant à qui mieux mieux les milliards qu'il n'avait pas, j'aurais pensé que je rêvais, ou mieux encore qu'on me racontais une de ces nouvelles fables sur cette fameuse rupture sociale qu'on prétendait résoudre. 

Reste que, et je devrais m'en réjouir, qu'EM déverse maintenant des milliards sur notre économie et que l'Etat, si longtemps démuni et soit disant au bord du gouffre redécouvre les vertus hélicoptère ! 

Enfin, enfin, Keynes et les tenants d'une économie administrée sont de retour, mieux même : à l'honneur. !

On ne peut que se féliciter de ce retournement, encore que, si retournement il y a lieu, il faut aussi qu'il soit l'occasion de révision drastique en matière de politique sociale et économique ! 

Or, il semble encore une fois que nos gouvernements, avec l'aval de l'opinion publique, bote en touche, laissant sur le carreau les "grands brulés" de cette crise économique sans précédent ! 

Au fond comme on l'a vu jusqu'à maintenant les mesures prises par nos dirigeants ont eu pour fonction essentielle de préserver la vie des plus de 65 ans, et on ne peut que s'en féliciter. Cependant comme on le voit maintenant la pandémie fait d'autres"morts"que ceux auxquels on s'attendait, et ceux là semblent rester sur le bord du chemin sans qu'il soit question d'un véritable ajorniamento de notre politique sociale !

On parle certes d'accorder deux repas par jours gratuit aux étudiants (la belle affaire !) mais on oublie depuis des années de dire que la jeunesse sert de variable d'ajustement à toutes les crises, et ce à bon compte ! 

Pas de RSA pour les moins de 25 ans 

Pas de politique du logement qui soit adaptée à leur besoins spécifiques 

Pas de réel soutien aux milieux économiques pour permettre l'intégration des jeunes dans l'emploi !

Des syndicats indignes arcboutés essentiellement sur la question des retraites !

On est réellement surpris de ce choix, de cette politique qui (pas seulement depuis le Covid) fait peser sur les jeunes le "bien être de la société toute entière ! La case chômage est quasiment devenu un passage institutionalisé dans nos sociétés et les petits boulots de... auxquels sont condamnés les plus débrouillards semblent être devenus avec le temps des rites initiatiques pour la majorité d'entre eux ! 

Comment mieux expliquer l'interminable litanie de ces gamins qui depuis la loi Devaquet au moins (1986 ?) reprennent la rue, revendiquent et crient leur angoisses sans jamais être véritablement entendus voilà que maintenant on s'inquiète du fait que certains sont en situation de précarité extrême et suprême indignité : "ne mangent pas à leur faim !" dans notre pays, en 2021 !

On voudrait aujourd'hui un nouveau confinement pour sauver...

Mais combien de jeunes gens mourront de cette éventuelle décision ? 

C'est vrai qu'on a souvent fait de la jeunesse La variable d'ajustement de nos sociétés, mais  imagine t-on, avec le recul que nous avons, ce qui ce serait passé s'il avait fallu imposer de telles mesures à nos papy boomers quand ils avaient 20 ans (en 1968 ?) ? Imagine t-on seulement "notre" BB ou "notre" Jonnhy "national" retenu à la maison, enfermé de manière préventive par papa maman ? 

Non décidément, l'idée d'un nouveau confinement m'apparait en bien des points criminelle à l'égard de notre jeunesse, et je ne parle même pas là, de nos jeunes adolescents . A force de vouloir préserver les services de réanimation, on risque bien à ce compte là de mettre en péril l'ensemble des services psychiatriques de France, et surtout on risque au final de provoquer une colère, une rage, qui même si elle est sans lendemain, provoquera de nombreux drames ! 

"Je veux sortir" disait elle "j'en ai marre de vos ..." ! 

On nous a fait peur une première fois, on nous a raisonné la seconde fois, mais les mômes, eux, ceux qui rêvent de grands espaces, d'amour, de vie loin des contingences d'adultes qui décidément ne comprennent rien, avons nous réellement obtenu leur consentement ? Je n'en suis pas certain et ce d'autant qu'aucun effort matériel n'a été fait en leur direction. On a déversé des milliards sur les restaurateurs mais rien de significatif n'a été fait envers les jeunes, et en particuliers envers les jeunes les plus précarisés ! Combien de temps encore ? 

Or à force de tirer sur la corde du sentimentalisme et de la bonne volonté, j'ai très peur que celle ci ne rompe avec violence...De quoi déstabiliser pour le compte toute la société ! 

 

 

 

 

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