J'me marre

Moi j'me marre, jm'excuse hein de rédiger ainsi mon chapô, mais franchement je me demande si au delà de la comedia del arte, il y a un véritable débat social et si les gens sont vraiment prêts à poser les choses sur la table ! Alors cette affaire des retraites, ce serait pas, par hasard, une nouvelle version du "bal des hypocrites " ?

Allez on va se la jouer plus longtemps, l'espèce de psychodrame qui se joue actuellement autour du sujet des retraites a de quoi me dérouter, pardon me dégouter totalement ! Tout apparait ici comme une énième pièce de théâtre social, mise en scène, minutée et surtout orchestrée par des acteurs qui en connaissent déjà l'issue et qui s'entendent déjà pour ne pas aborder les vrais problèmes ! Alors...

Alors il n'y a sans doute pas grand chose à attendre de ce nouveau "drame" en quatre actes : on voit déjà que le principe égalitaire tant vanté par le gouvernement est battu en brêche par les nouvelles annonces sur les régimes des policiers, des pompiers et tuti quanti, celles ci signant par la même un retour marqué de ces régimes spéciaux si honnis soit disant !

C'est dit :ON NE TOUCHERA PAS A...

Bah oui, mais alors dans ces cas là à quoi va t-on toucher exactement ?

A l'allongement de durée de cotisation de tous les autres salariés ?

Pas si sûr en fait ! On peut même imaginer que certains salariés en viennent à  ruiner le système en préférant cotiser de plus en plus pour des caisses privées qui leur offriront des conditions de départ plus favorables que celles du régime général. On aura alors, si on ne l'a déjà, une réelle fracture sociale entre salariés retraités et les datchas de riches nabab continueront de discréditer tout le système, ces riches retraités masquant de manière bien pratique le sort des retraités pauvres ! Les retraités propriétaires effaçant d'un trait de plume la misère des retraités locataires

Ce sort dont on ne parle pas ou si peu alors qu'il devrait être La préoccupation première de tous les acteurs sociaux !

S'il y a en effet un principe qui se devrait d'être posé c'est bien celui de l'abolition de la pauvreté des retraités, un principe qui légitimerait en fait la retraite dans son ensemble dans la mesure ou on pourrait définir cette période comme un laps de temps durant lequel le travail n'est plus accessible pour des raisons bien compréhensibles !Enfin, ici l'instauration de règles socialistes aurait tout son sens : "chacun selon ses besoins" et justifierait que l'on se batte pour lui

Or dernièrement la retraite a pu apparaitre aux retraités des années 1990/2010 comme aux salariés de la même période, comme un nouvel El dorado au regard des conditions qui leur étaient accordées dans le travail  mème si, je le répête : cette période de prospérité n'a pas aboli la pauvreté de certains vieux ! Ceci explique sans doute la rage actuelle des travailleurs qui se sentent floués, mais nécessite forcément des ajustements dans la mesure où le rôle d'un système social obligatoire repose avant tout sur la lutte contre la pauvreté ! On a laissé croire aux salariés qu'ils étaient propriétaires de leurs cotisations et que celles ci définieraient leur droits futurs , alors même que leur retraite repose plus sur la bonne volonté de leur descendants que sur leur propre ardeur au travail ! !

Ainsi fait le malaise provoqué par ces  réformes tient plus dans l'inégalité profonde du système et sa dépendance aux conjonctures (notamment démographiques) que dans sa légitimité à exister : on cotise des le premier euro versé mais on n'est jamais certain d'en avoir pour son argent,  et surtout surtout plus on descend dans l'échelle sociale des salaires plus ces fameuses cotisations constituent un obstacle infranchissable : Elles condamnent une grande parties des salariés les plus fragiles au chômage, et perversité suprême elles promettent de ce fait ( à ces mêmes salariés) une vieillesse de misère !

Ainsi fait, le système de retraite risque de laisser un goût de cendre à pas mal de retraités futurs parce qu'il repose essentiellement sur le futur, alors même qu'on fait croire au gens le contraire !

Or c'est ce futur, à mon sens qui pose problème : que deviendront les caissières retraités alors même qu'elles n'existent plus dans les magasins ? Que deviendront nombre de salariés peu qualifiés quand tous leurs postes auront été remplacés par des taches automatisées ? Que deviendra le vieux salariat, quand les jeunes (vous savez ceux que l'on condamne au chômage actuellement ) refuseront ce statut qui leur sera devenu si défavorable ?

Encore heureux j'me marre, non pas parce j'aime à jouer les oiseaux de mauvais augure, mais parce que j'ai le sentiment depuis assez longtemps qu'en matière de retraite : on est en train de nous la faire à l'envers, et que beaucoup des acteurs sociaux actuels en sont parfaitement conscients !

 

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