La rue quétanou !

Non mais sans blague, vous avez vu les potos ? Vous avez vu comment on nous a bradés, comment on nous a invités à dégager ?   Allez hop les piétons, allez hop les voitures en stationnement : dehors !

 

On va mettre là les cafetiers, on va leur offrir ce dont aucune profession au monde n’aurait osé rêvé : l’Espace Public !

Au nom d’une fermeture administrative généralisée qui ‘a pas touché (loin de là) que les cafetiers, certains édiles se sont mis dans l’idée de solder de brader l’espace public, et de le faire au profit d’une des professions les plus « libérales » de la place !

Qu’importe qu’aujourd’hui on en vienne presque à devoir s’excuser de marcher sur certains trottoirs , qu’importe qu’on soit parfois sommé de traverser la rue parce que justement, il y a là désormais l’extension du café papotin. Et qu’importe surtout qu’on vous regarde comme un pestiféré s’il vous vient à l’idée de traverser le dit espace, ou pire encore de vous asseoir sur une de ces p de chaise. Vous n’êtes plus chez vous !

Paris est désormais aux mains de la profession de « buvetistes » et autre « soulocrates » ! Une des professions, soit dit en passant, qui n’hésite jamais à fustiger les interventions de la puissance publique.

Alors bien sur vous allez me dire que ces terrasses sont effémères, qu’elles sont là pour quelque temps pour permettre aux « buvettistes » de se refaire une santé et de pallier dans un premier temps à la fermeture administrative de leurs établissements !

Ben voyons !

Alors comme çà il suffirait de souffrir de quelques difficultés pour immédiatement voir la puissance publique vous concéder des pans entiers de son espace ? Il suffirait que nous soyons tous malades (j’ai bien dit tous ) pour que certains aient le droit, ou se fasse octroyer le droit d’accaparer l’espace public ?

Mais alors soldons !

Qu’attendons nous donc pour solder !

Vous verrez que bientôt, à ce rythme là, on installera des péages sur les trottoirs et les passants n’auront qu’à bien se tenir !

Oui, oui, j’ai bien dit des péages !

Et ce pour une raison simple : les cafetiers, une fois l’habitude prise, chercheront et obtiendront certainement que tout retour en arrière reste impossible, bref, je ne suis pas certain de faire dans l’enflure quand j’imagine déjà nos trottoirs constellés d’espaces entourés de barbelés et surmontés de mirador, pour interdire au simple parisien d’y pénétrer avant d’avoir payé dûment son écho !

PROPRIETE PRIVE !

Mais vous me direz que lors de la conquête de l’Ouest les premiers conquistadors, les premiers cow boys ont sans doute pratiqué de cette manière : posant sur une place qui n’était à personne, ces mêmes panneaux !

Peut être mais on sait aussi à quel point cette conquête a été sauvage et sans concession, autrement dit on espère tout pour Paris, sauf ce destin funeste !

Et d’ailleurs comment comprendre, comment expliquer à tant de nos concitoyens que le moindre m2, le moindre petit pouce de terrain vaut une fortune dans la capitale tout en leur exposant sous les yeux des professionnels qui en ont obtenu des milliers sans avoir à bourse délier, ni même à en assumer l’entretien à long terme ?

L’idée me dépasse et j’aurais volontiers tendance à réclamer la sanctuarisation de l’espace public parisien pour qu’enfin (et je donne à ce terme un sens très large) : Paris revienne au Parisiens !

Cet espace est à nous : il convient de le défendre bec et ongle !   

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