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Billet de blog 25 août 2017

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Serait ce que les Allemands ont raison, ou pire qu'il ne faut plus faire d'enfant du tout ?

Personnellement j'aurais bien un petit penchant pour la seconde solution, mais les français n'étant pas tout d'accord avec moi, j'aurai plutôt tendance à penser qu'ils continuent à en "fabriquer" pour pouvoir s'en servir comme variable d'ajustement, ou mieux encore comme boucs émissaires.

Oh çà n'a l'air de rien cette affaire mais quand on y pense, ces gamins fabriqués en masse, ils sont bien pratique :

D'abord il faut bien remarquer que pendant les années ou ils sont censés nous poser problèmes : c'est à dire durant leurs années de grande adolescence entre 16 et disons 30 ans, on a découvert un bon moyen de contention à leur encontre : le chômage !

Jusqu'à la fin des années 1960, ces mômes y bossaient et adieu tchao on en parlait plus, et d'ailleurs ils n'étaient plus considérés comme des enfants mais des adultes à part entière !

Mais maintenant que nous sommes dans un autre monde, ces gamins, eh bah ils sont là : votant depuis Giscard, mais pas tout à fait citoyens. Eduqués (et comment !) mais pas tout à fait autorisés à la ramener en matière d'organisation sociale. Intelligents pour une grade part, mais trop rarement invités à nous faire part de leur talent dans les entreprises et administrations ! Et que dire d'ailleurs du débat sur les retraites dont ils ont été incroyablement absents, alors même que le pays s'apprêtait à tirer sur leur avenir une traite sans précédent ?

Sans le dire, donc, mais avec un réel talent et une constance plus que méritante la société française sacrifie ses jeunes.

Oh, faut pas exagérer, elle ne fait plus comme en 14 ou en 40, dates auxquelles, elle les envoyait littéralement au casse pipe. Elle n'ose même plus user d'une "solution algérienne" bien pratique pour les encaserner et leur inculquer un sentiment de culpabilité qu'ils conserveront parfois toute leur vie. Bref, en apparence, la France fait mine de prendre soin de "ses" enfants qu'elle présente comme une richesse incomparable (face à l'Allemagne ?), mais dans les faits elle exerce à leur encontre une politique d'une incomparable brutalité visant à leur faire croire qu'ils sont seuls responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent, dans la mesure où l'étendue des possibles qui leur est présentée semble infinie...

Le résultat est ainsi sans appel

En 2012 Olivier Galland, sociologue, estimait dans le Monde que 23% des jeunes étaient pauvres, une proportion en hausse de 5% depuis 2004. L'INSEE, quand à elle, estime que la pauvreté qui concernait 800.000 jeunes en 2000, touche maintenant 911.000 personnes de la même classe d'âge ! Ainsi, la croissance dont on nous rebat si souvent les oreilles s'exprime d'abord chez les jeunes, au travers du chômage et de la précarité, comme si ces deux facteurs étaient les deux éléments de base d'un parcours initiatique imposé !

Le plus surprenant et le plus discutable dans l'affaire est que ces jeunes aient été totalement occultés dans le débat sur les retraites, débat qui les concernait pourtant à plus d'un titre, dans la mesure où ils en seront les prochains financeurs !

Bref, la jeunesse c'est la grande laissée pour compte de notre marche ! Comme si les enfants et petits enfants de 68 devaient se repentir de la révolte de leurs ainés, plus personne ne semble s'inquiéter d'une évolution qui interdit à nos grands enfants de devenir de jeunes et véritables adultes de plein droit ! L'injonction qu'on leur oppose n'est plus seulement : passe ton bac d'abord, mais : passe ton DEA, fait des enfants, et dé... toi pour trouver un travail et un toit !

Toit, qui, çà va sans dire leur coûte de plus en plus cher !

...Enfin adulte : à trente ans !

Sous d'autres latitudes et surtout durant d'autres périodes, ces éléments auraient été présentés comme des facteurs d'oppression insupportable et sans doute qu'aucun jeune de 68 n'aurait toléré d'être traité ainsi !

Ainsi le plus surprenant dans l'affaire c'est que le système ait réussi son coup en culpabilisant à l'envie les victimes !

Pour combien de temps encore ?

Je ne sais pas, mais gageons que quand ces jeunes prendront conscience que le système qù'on leur impose se prépare à leur représenter la note une deuxième fois, à la fin de leur parcours professionnel tronqué, ils auront un haut le cœur si brutal que leur colère risque d'éclater !

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