Et après le masque ?

Moi j’aime bien cette idée de m‘balader avec un masque. C’est beau c’est seyant, çà facilite la communication et le rapprochement entre les gens. Bref çà n’a que des avantages. Surtout, surtout que çà PROTÈGE , et çà, çà, c’est primordial !

Mettez donc vos masques, surtout si CA PROTEGE !

Ne comptez donc pas sur moi pour jeter l’opprobre sur ce nouvel atour vestimentaire si utile et si indispensable à la survie de notre société !

Vous l’aurez compris, je veux du masque, du masque, du masque !`

Mais s’il faut s’imposer ce masque , se couvrir, essentiellement, quoi qu’on en dise : pour protéger les autres, doit on passer sous silence les autres expositions, les autres maux dont certains de nos concitoyens ont à souffrir tous les jours ?

Bien sûr vous voyez à quoi je veux en venir !

Pourquoi notre société ne protégerait elle pas enfin les plus fragiles d’entre nous, d’un autre mal bien réel et bien plus andémique que le corona virus ?

La pauvreté, voulez vous dire ?

N’allez pas me dire que la pauvreté n’est pas un mal, on sait bien qu’elle entraine une perte substantielle de l’espérance de vie de ceux qui en sont touchés ! Pire on sait, d’expérience, que les cas de résilience sont extrêmement rare et qu‘en étant pauvre ou en le devenant on a toutes les chances de le rester ! Plus grave encore, on sait que ibien souvent cette maladie est génétique et qu’elle se transmet de père en fils de manière quasi inévitable ! Comme s’il y avait un gène de la pauvreté !

Non non, n’allez pas me traiter de socialiste rétrograde, ce sont des libéraux qui les premiers se sont préoccupés de cette question de la richesse des nations et de l’extinction de la pauvreté !

Alors pourquoi cette maladie perdure t-elle alors même qu’elle est au coeur de la réflection libérale, depuis quasiment sa naissance ?

Je sais, je radote certainement, mais si je vous ramméne à la question qui vous préoccupe vous, celle du Corona Virus, vous ne manquerez pas de remarquer que là ou celui ci sévit le plus est aussi un des endroits ou la pauvreté est la plus importante en France !

Tiens donc, et si la lutte contre le corona virus était d’abord une lutte sociale ?

Et si on prenait le temps de repenser notre urbanisme, notre géographie par trop sociale de la carte de France. ? Et si au lieu d’éteindre totalement la lumière et de se masquer le visage on travaillait d’abord et partout à démanteler les lieux ou le virus prospère, justement parce que les mesures de protection ont un coût que les personnes ne peuvent pas assumer ?

En bref : et si on envoyait les pauvres, ces banlieusards de rien, à la campagne, là où l’air a encore parfois l’air de quelque chose ! Là où on est plus obligé de s’entasser à 25 dans 20m2 ? Là où le raffinement des voisins vous invite presque naturellement à adopter les mêmes mesures barrières que les autres ?

Si nous voulons limiter le risque de diffusion de ce type de virus à l’avenir, nous ne pourrons pas, à mon sens, nous limiter à obliger toute la population française à porter un masque dans les lieux publics et ce d’autant plus qu’un des principaux lieux de contamination est sans doute : la famille !

Alors ?

Alors je me prends encore à rêver tout haut d’un néo libéralisme humain qui comme Hausmann, comme Adam Smith met en avant les questions de la pauvreté et de l’hygiène pour justifier leurs démarches respectives.

Abolir la pauvreté et ses nouvelles formes, rendre les habitats humains, pardon tous les habitats ; humains, bref travailler d’urgence à la rénovation urbaine (mais pour tout le monde et au profit de tous ). Donner à ceux qui ont besoin, ne doit plus être un rêve, mais une réalité !

Gageons, en effet, que si les plus modestes sortaient ainsi de la pauvreté dans laquelle on les maintient, en leur permettant juste de sortir la tête de l’eau de temps en temps, pour éviter qu’ils se noient, on leur réapprendrait alors qu’ils ont des droits, et ce faisant de vrais devoirs à notre égard ; nous les citoyens moyens !

Oui, je sais mon texte fleure encore l’utopie, le doux rêve du farfelu qui ne sait plus quoi dire, pourtant prendre soin de soit, celà s’apprend et se réapprend tous les jours. Aimer l’idée que demain sera enfin mieux qu’aujourd’hui, cela s’apprend et se cultive aussi.

Or au moment où nombre d‘économistes nous ressassent l’idée que le corona virus aura un impact sans précédent sur l’économie française, il est sans doute temps de donner un signal fort aux plus démunis pour qu’ils ne se sentent pas un peu plus exclus de la société. Oui ils peuvent être malades, mais justement c’est peut être l’occasion ou jamais de leur rappeler de manière sonnante et trébuchante qu’ils font partie de notre communauté !

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