thierry caron

Abonné·e de Mediapart

431 Billets

1 Éditions

Billet de blog 27 février 2017

thierry caron

Abonné·e de Mediapart

La démocratie au bord du gouffre !

Pour en finir avec l'affaire Fillon il est urgent de moraliser la vie politique de notre pays, quitte à en chasser rapidement les fruits les plus pourris. Si nous voulons effectivement éviter les flambées de violences qui menacent il faut nous assurer de l'intégrité de nos dirigeants et nous imposer à nous même une vraie déontologie !

thierry caron

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous sommes, très sérieusement, dans une époque charnière où des choix sans ambigüité vont nous être imposés.

Ce que l'affaire Fillon révèle en effet c'est que les petites pratiques, les arrangements (jamais illégaux, mais...) sont sans doute légions et qu'il va falloir y mettre bon ordre !

Entre les affaires réglées en liquides et les valises de billets qui se promènent en pleine rue, entre les maisons qui poussent comme des champignons dés lors qu'un candidat aux élections local est élu, il est des doutes qui naissent et s'installent comme des certitudes !

Pire comme des habitudes, des "pratiques".

"Je n'ai rien fait de mal", crie encore Fillon sans comprendre, encore une fois, que, justement le mal est fait, que la faute, même si elle n'est pas illégale, est impardonnable. Sans comprendre que sa situation est insupportable aux yeux de millions de gens dans la détresse, il continue à protester de sa probité, alors même que ce n'est pas elle qui est en cause, mais la pratique elle même qui consiste à favoriser, à placer, ou à faire rémunérer, en échange de petits services supposés.

Qu'on en ait la preuve ou non, qu'on puisse apporter des pièces à convictions indiscutables ou non, chacun d'entre nous se voit maintenant sommé de s'interroger sur le sens moral de nos dirigeants.

Plus personne ne veut croire, en effet, que nos maires, nos députés et autres, exercent leur mandats dans l'intérêt général ! Le bon peuple s'est installé dans l'idée que "la soupe était trop bonne" et par réaction semble marquer son dégoût d'une manière de plus en plus généralisée !

Il faut dire que rien n'aide à clarifier la situation et que la proximité familiale entre responsables politiques et représentants des intérêts économiques prend parfois des aspects très embarrassants !

N'est ce pas messieurs Sarkozy ?

Qui, dans les années du quinquennat Sarkozy avait prêté attention au fait que le "grand réformateur des retraites" était le frère d'un membre influent des sociétés d'assurances privées ? Qui, aujourd'hui encore s'interroge sur l'entourage direct de nos hommes politiques ?

En fait nous sommes un peu comme ces américains qui jubilent après l'élection d'Obama, et qui n'ont pas prêté attention au fait qu'aucun noir n'était présent dans sa garde rapprochée, ou que la moitié des condamnés à mort attendant leur exécution était encore de la même couleur de peau aux Etats Unis !

Notre responsabilité est énorme dans ce qui nous arrive. Nous nous sommes tellement habitués à voir les fils, les frères de, et autres, occuper des postes, ou pire percevoir des prébendes que nous avons perdu nos repères ! Notre mètre étalon qui nous fait jeter en prison sans pitié le moindre gamin, qui insulte un représentant des forces de l'ordre dans la rue, ne vaut plus rien dés lors qu'il se mesure à l'aune d'une personnalité qui pourrait aussi nous apporter soutien ou prébende ! Nos intérêts bien compris ont tellement pris le dessus sur nos devoirs civiques qu'il est normal que F Fillon ne comprenne pas ce qu'on lui reproche : il n'est que l'expression d'une part de la société qui a perdu tout sens morale, une part de la société que nous avons laissé prospérer !

Dans l'affaire F, cette part de l'opinion semble s'accrocher à la décision des juges pour prendre partie, et la droite en plein désarroi veut croire que le peuple saura pardonner, fermer les yeux encore une fois, alors même que la parole de l'intéressé aurait dû perdre tout crédit !

Bref tout est prêt pour l'abîme.

Peut être pas cette fois encore, parce que la peur du vide nous a saisi trop brutalement avec cette affaire. ON va chercher, on va trouver une solution, quitte à trouver un plan B, "un plan B" comme y disent

On va s'arranger, et oui, aux yeux des 6 millions de chômeurs de notre pays, chômeurs auxquels on impose de plus en plus de contraintes, au nom même de la morale. "on va s'arranger " dira t-on ! Au nom des milliers de gens en attente de logements : "on va s'arranger".

Alors, oui une fois l'arrangement trouvé, tout sera sauf, sauf, sauf la morale, sauf la droiture sauf le goût qu'on pourrait encore prendre à débattre ensemble. Tout sera sauf, sauf ce qui, en affaire, constitue le fondement des relations commerciales et humaines : la Fides, la confiance, la valeur de la parole donnée.

J'ai parlé d'un abîme politique et morale tout à l'heure, mais sans doute aurais je dû parler avant tout du désastre économique qui nous guette. Le dégout qui m'étreint quand j'entends encore mes responsables économiques parler de rigueur, risque d'avoir un coût considérable pour notre pays : dés lors que la parole publique se démonétise, ce sont les petites gens qui sont les principales victimes. Parce qu'une part de notre élite vit paradoxalement en plein déni, en pleine irresponsabilité, les pauvres sont frappés de plein fouet par ces crises morales et économiques qui ne manquent pas de survenir ...

Allez, cette fois, peut être que çà passera encore, çà passera, peut être que j'aurai encore tort... Mais si rien n'est fait, si nous ne faisons pas le ménage dans nos moeurs, dans leurs moeurs, pour revenir à plus de vertu, vers plus de responsabilité, alors....

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.