Vivre tout simplement

Sérieusement, est ce que c’est une solution viable ?

Non sans blague, quand est ce qu’on va arrêter de faire des choses pareilles et de foutre notre argent par les fenêtres ? Ça sert à quoi d’aller subventionner à gogo des emplois ceci ou cela ?  10.000 euros par emploi et par an, et puis quoi ? 

Rien ? 

Mais si bien sûr : on oeuvrera pour  le retour à la case départ des personnes concernées après deux ou trois ans de travail au rabais ! De travail non payé ou plus exactement payé par tout le monde, parce que désiré par personne, en fait. Bref pendant des mois on va « employer des p’tits jeunes, pour se donner bonne conscience et au bout du compte, on les laissera d’autant plus sur leur faim, le moment venu, que les sondages seront forcément mauvais : parce que l’emploi subventionné ne rapporte jamais rien à celui qui le propage. 

Au total on aura donc subventionné l’errance de quelques milliers de personnes, mais on ira pas plus loin, parce qu’il n’y a pas de solution, ou tout au mois pas de solution dans le schéma actuel.

Le drame c’est que comme à chaque fois le gouvernement et les employeurs de ces salariés au rabais auront suscité des espoirs, fait naître des idées, mais se garderont bien d’aller au bout d’une logique qui consisterait à transformer 100%de ces emplois aidés en emplois tout court !

PAS DE PLACE nous dit on !

Pas de place dans le public qui supprime un poste sur deux chez les personnes qui partent à la retraite, pas de place non plus dans le privé ou l’emploi se concentre de plus en plus dans le tertiaire, secteur dans lequel il est extrêmement difficile de rentabiliser la main d’œuvre !

Bref, et c’est un très vieil « emploi jeune » qui le dit, l’emploi aidé c’est un cautère sur une jambe de bois. Çà ne soignera pas l’hémoragie,et çà ne soulagera pas le malade bien longtemps ! Une fois les prochaines élections passées, les jeunes reprendront une place qu’ils n’auraient jamais du quitter : la case chômage. Au mieux auront ils perdu une partie de leurs illusions, au pire auront ils acquis l’idée qu’on ne veut pas d’eux et qu’on ne les attend plus nul part, parce que l’emploi salarié et à durée indéterminée....

Mais je vous entends déjà me dire qu’il faut bien trouver une solution à ces gens là  !

Oui, mais pourquoi celle là ? Pourquoi celle qui consiste justement à leur faire prendre des vessies pour des lanternes, en leur faisant miroiter des emplois qui n’existent pas et qui n’auront jamais aucune consistance parce qu’ils ne sont pas rentables ? 

Ah je vous entends encore : « il faut bien commencer quelque part » me direz vous !

Et pourquoi ?

Pour satisfaire notre sacro sainte morale chrétienne pour laquelle il n’y aurait point de salut sans travail ? 

Pour valider la théorie bien discutable selon laquelle  « le travail rend libre »?

Outre le fait que cette expression nous renvoie à l’un des évènements les plus abjects de notre histoire, nous savons tous quelque part le caractère inexact de l’assertion !

Alors ?

Alors : foutons la paix aux jeunes, quitte à ce qu’ils nous coûtent un pognon de dingue, donnons le leur directement ce pognon puisqu’ils en sont, dit-on  les destinataires finaux ! 

Je vous entends vous lamenter et hurler au scandale, mais vous voyez bien que c’est pour autre chose que vous hurlez : vous condamnez maintenant mon sens morale, vous attaquez mon idéologie « révolutionnaire », vous regrettez que je ne soutienne pas l’idée selon laquelle  tout salaire mérite travail ! 

Eh bien non , je n’entre pas dans ces considérations et j’invite même ces jeunes au non travail, au « droit à la paresse » !

Vous y voyez, vous, une provocation supplémentaire de ma part ? 

J’y vois moi, l’idée qu’il faut donner aux jeunes le temps et les moyens d’imaginer le monde de demain ! Une revendication pas si nouvelle, ceci étant, qui devrait plaire aux grands parents que nous sommes en train de devenir, et qui pourrait les réjouir de voir leurs petits enfants réaliser enfin, ce dont ils ont rêvé et qu’on leur a interdit... 

VIVRE TOUT SIMPLEMENT

 

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