Une explication des années chömage m'avait été offerte il y a quelque temps par un démographe dont j'ai oublié le nom. Peu importe celui ci expliquait le chômage de masse en ces termes : il réfutait l'idée de chômage de masse justement et parlait de déséquilibre conjoncturel lié à un surcroit de main d'oeuvre par rapport aux capacités d'absorption de l'économie. Certes, la masse des salariés continuait de s'accroitre, mais toujours selon lui, la masse des gens rentrant sur le marché du travail était trop importante par rapport à l'évolution de l'économie.
Cette donnée enregistrée j'en ai conclu que contrairement au discours ambiant, ce n'était pas les demandeurs d'emploi qui faisaient preuve de nonchalance à l'égard du boulot, mais bien le monde économique en lui même qu'il fallait réformer pour insérer tout le monde. Travailler tous nécessitait sans doute de partager les revenus et le travail autrement !
Evidemment cette idée n'a pas rencontré de partisans, partager les salaires pour les uns, réduire les dividendes pour les autres était impensable. La preuve les 35 heures n'ont pas fondamentalement réduit le chômage !
L'ennui c'est que le travail n'est pas le seul vecteur d'intégration sociale. Le logement, pardon l'accession au logement et donc à l'indépendance en est un autre tout aussi puissant ! Avoir un toit sur la tête (de manière inconditionnelle), et être à peu près sûr de le conserver, c'est primordiale.
Or, là aussi, les choses sont plus compliquées qu'il n'y parait. Tout le monde veut du logement, tout le monde veut un toit, mais dans la réalité des faits, la majorité dormante, ne veut pas d'autres toits à coté du sien.
Imaginer en effet qu'on construise dans les zones tendues, des logements à loyers modérés, ou pire encore qu'on divise autoritairement le bâtit existant pour loger plus de monde, c'est impensable !
Oui tout le monde veut du logement, mais pas dans son arrière coure !
Pensez : "cela va modifier la structure économique et sociale de notre petit village".
Vous avez dit racisme ?
Vous avez dit "entre soi" ?
Comment mieux expliquer la crise du logement actuelle ?
Nous avons construit un système de péri urbain basé sur la famille, mais nous n'avons pas pensé à l'étape précédente de l'indépendance. Nous n'avons pas pensé "post adolescence" et mieux encore, nous avons fait de la jeunesse étudiante la plus dorée un fond de commerce plutôt juteux ! C'est vrai qu'elles sont belles nos petites studettes louées à des prix délirants ! Oui, le logement c'est un placement juteux, il ne faudrait surtout pas qu'on ruine l'épargne des Français quand même !
L'ennui dans tout çà c'est donc que nous constatons brutalement que nos jeunes ne font plus d'enfants. Brutalement nous sommes en train de nous apercevoir que nous allons décrocher violemment en terme démographique : vive les vieux ! C'est simple, les mômes ont voté avec leurs pieds : ils ne naissent plus ! Il faut dire qu'ils n'ont plus de place dans des logements inexistants !
Et pire encore, nous sommes en train de vivre une révolution que le Covid a engendré : le télé travail !
L'organisation de notre territoire risque d'en être chamboulé. Faute de rester attractives parce qu'elles offraient des opportunités les villes vont se dépeupler de leurs forces vives et n'y resteront plus que les gens qui n'auront plus les moyens d'en partir ! Notre plein, notre trop plein va se vider sans que nous ayons la possibilité de le remplir à nouveau si nous ne faisons rien pour renverser la table. Pire, les grandes tours qui ont fait la gloire des années 80, vont devenir des lieux sinistres ou personne n'osera plus s'aventurer et des logements vides jouxteront les bidonvilles ! La ville telle que nous la connaissons encore risque ainsi de s'effondrer sur elle même si elle ne défend pas ses jeunes, si elle ne fait pas un immense effort pour les retenir et les intégrer !
D'un coté les mômes brillants iront briller ailleurs ou deviendront des "entités virtuelles" seulement présents à travers des téléconférences et de l'autres les gamins rejetés rumineront leur colère, dans des tours dépotoirs jusqu'à...
Logement, travail, intégration sont les seules armes dont dispose notre ancien monde pour survivre, si il continue avec autant de force et de violence à. "tuer sa jeunesse", notamment en pillant ses premiers salaires (des Smic à temps partiels ?) mais aussi en rejetant ses membres qu'elle considère "en surnuméraire", ses jours vont lui être rapidement comptés et çà n'est pas l'immigration qui viendra combler le vide ni la sauver du désastre...sans douleur...