Lettre ouverte à Jean-Christophe (3/3)

Je n’en reviens pas. Je suis sûr que vous êtes au courant de ces lettres. Peut-être les avez-vous lues. Mais l’absence de réaction de votre part me fait énormément plaisir. En d’autres temps, vous auriez sauté sur votre clavier pour me dire votre façon de penser. Votre silence vous honore.

Mon cher Jean-Christophe,

Je n’en reviens pas. Je suis sûr que vous êtes au courant de ces lettres. Peut-être les avez-vous lues. Mais l’absence de réaction de votre part me fait énormément plaisir. En d’autres temps, vous auriez sauté sur votre clavier pour me dire votre façon de penser. Votre silence vous honore.

Ce que je n’aurais espéré arrive donc. J’espère que la prochaine étape, si elle doit arriver, c’est que nous parvenions à parler correctement ensemble, sans mépris pour l’interlocuteur, sans avoir besoin de taper, vilipender, tourner en dérision, en sarcasme ce que l’autre dit ou est. Mais je ne suis pas demandeur pour le moment. Votre silence me suffit amplement.

Vous avez beaucoup de difficultés, à mon sens, à accepter de vivre en chrétien dans un monde déchristianisé.  Du coup, vous rêvez d’une chrétienté perdue, et vous vous livrez à des combats pour la restaurer un peu… Je ne peux vous en vouloir. Tant de chrétiens sont comme vous. L’éducation reçue et les gens que l’on fréquente font notre histoire et engendrent notre opinion. Les miens ont fait aussi leurs chemins. Et je dois reconnaitre que parfois je deviens très intransigeant. Envers vous, très souvent. Et je vous demande de me pardonner. L’enthousiasme pour ce que je découvre de la foi ne peut excuser ce comportement. La conviction ne peut jamais écraser le respect de l’autre. Et je me trouve trop souvent en défaut là-dedans.

Votre silence est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire. Et croyez bien qu’il n’y a aucune ironie là-dedans. Je savoure chaque parcelle de votre effort, parce que je sais bien que cet effort existe et qu’il n’est pas du tout aisé pour vous. Vous avez énormément de mérite.

Encore merci, mon cher Jean-Christophe. Belle route à vous, sur Twitter ou ailleurs. Vous serez présent dans ma prière. Recevez toute ma considération.

 

Thierry Peltier

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.