Lettre ouverte à Jean-Christophe (2/…)

Je continue ici à vous livrer ce que j'ai à vous dire, mon cher Jean-Christophe. Le langage du coeur est le meilleur pour moi. Mais j'ai vraiment du mal à accepter que vous ne l'utilisez jamais.

Mon cher Jean-Christophe,

Je ne suis pas sûr qu’à cette heure vous avez déjà lu ma première lettre. Mais je sais que cela ne va pas tarder. Comme d’habitude, je donnerai le lien de mon billet de blog sur Twitter et comme vous me suivez de très près, je sais que vous serez un des premiers à me lire.

Cela n’a pas tardé. J’ai dé-protégé mon compte le 25 décembre. Dès le 26, comme vous en avez l’habitude chaque jour, puisque je vous ai bloqué sur Twitter, vous vous êtes déconnecté de Twitter, vous avez introduit « Thierry Peltier Twitter » dans votre moteur de recherche. Vous êtes arrivé sur ma page, vous avez fait la (les) capture(s) d’écran qui vous intéressai(en)t et vous l’avez publié sur Twitter avec vos questions et commentaires. Petit rituel d’un harceleur hors pair.

J’en viens à ce que je voulais dire dans cette seconde lettre. Je voudrais parler de la façon dont vous vivez votre foi et la confronter à la mienne.

Une des caractéristiques importantes de votre discours est que vous aimez séparer certains chrétiens des autres : les « bons » prêtres des « mauvais », les « bons » évêques des « mauvais », les « bons » papes des « mauvais » … Mais aussi les LGTB des hétérosexuels, les réfugiés des Français, les chrétiens des athées ou des musulmans… etc.

Et pourquoi dressez-vous ces murs entre les humains ? Parce que vous vous mettez en devoir de vous affronter à eux. Pour vous, celui qui a raison peut imposer son avis. Et comme, bien sûr, celui qui a raison, c’est vous, vous imposez votre avis. Pour le justifier, vous avez évidemment un raisonnement. Celui-ci a des prémices, des références, des sources bien particulières dont je voudrais parler ici.

Saint Benoît, dans sa règle, dit à ses moines : « Que rien en toi ne surpasse ton attachement à Jésus-Christ ». Le Christ ne disait pas autre chose quand il déclarait « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6 : 33). Parmi tout ce qui se trouve dans notre religion, la chose la plus importante, c’est l’amour que nous avons pour le Christ qui est le plus important. Or, pour vous, cela ne semble pas être le cas. Je peux me tromper, bien sûr, mais ce que vous mettez en valeur, c’est l’enseignement de l’Eglise (enfin, pas tout, ce qui vous arrange, surtout), les encycliques des Papes (même remarque), le droit canon, le catéchisme (plus rarement), le missel romain… etc. On dirait que Jésus et son Evangile vous sont inconnus… Vous les cachez, en tous cas…

Mon impression est confortée quand je lis votre avis sur la liturgie. Vous rêvez d’une messe où l’on vous fout la paix, où le prêtre vous tourne le dos et récite les textes en latin, où vous n’avez qu’un minimum de liens avec vos voisins (geste de paix réduit à sa plus simple impression) … Vous nous rappelez que la messe n’est pas un spectacle, mais vous ne cessez de parler des ornements du prêtre, de la façon dont l’église doit être agencée, du Grégorien qu’on doit entendre… etc. Votre lien à Jésus pendant la messe ? inconnu au bataillon. La forme à tout prix en l’absence de fond.

Je ne peux comprendre cela. J’ai toujours lu tous les Papes (même Benoît XVI), j’ai participé à tous les types de messe (oui, oui, de rite extraordinaire aussi),… parce que le rite est moins important que la relation que nous avons avec Jésus.

Quand je parle de cette relation, que je raconte des expériences que j’ai vécues dans le quotidien, vous me sautez dessus. Vous m’appelez ironiquement « Saint Thierry », vous me reprochez mon manque d’humilité, vous dites que je mens. Jamais, vous n’essayez de comprendre ma soif de vivre avec le Christ. Vous préférez vous en moquer et vous ne ratez pas une seule occasion de le faire.

C’est mon attachement à Jésus qui combat votre homophobie, votre racisme, votre islamophobie… etc. Vous vous étonnez qu’on vous le reproche souvent, mais vous ne faites rien pour en sortir. Vous ne cessez pas de construire des murs avec ceux qui vous dérangent. Alors qu’avec le Christ au cœur, on est appelé à aimer tous les hommes, oui, tous, sans exception.

Je vais arrêter ici pour cette deuxième lettre. La semaine prochaine, je parlerai plus en profondeur de la « considération » que vous avez pour moi. Je ne veux pas vous faire du tort. Je veux simplement clarifier les choses.

Recevez, mon cher Jean-Christophe, toute ma considération.

 

Thierry Peltier 

 

 

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