Pour un auto-confinement libre, joyeux et solidaire

Les mesures anti-Covid deviennent pénibles, douloureuses et minantes. Les jeunes générations en payent le prix fort. Les étudiants dépriment et parfois se suicident. Les jeunes en âge de travailler sont au chômage, l’université se fond dans un enseignement tout à fait inhabituel.

Les mesures anti-Covid deviennent pénibles, douloureuses et minantes. Les jeunes générations en payent le prix fort. Les étudiants dépriment et parfois se suicident. Les jeunes en âge de travailler sont au chômage, l’université se fond dans un enseignement tout à fait inhabituel.

Tous ces jeunes se confinent pour nous. Ce sont, en fait, les gens de ma génération qui risquent le plus les complications de la Covid, les hospitalisations, les entrées en réanimation, les décès… Les chiffres le montrent d’une façon indubitable.

Je voudrais donc d’abord remercier très sincèrement ces jeunes qui en quelque sorte sacrifient leur jeunesse pour protéger ma vie… Ils ont renoncé à leur liberté, à leurs cours, à leurs activités sportives, à leurs rencontres pour moi, pour nous… Il faut que je le dise. Il faut aussi que j’en sois redevable. C’est un immense cadeau qu’ils nous ont fait…

Le problème vient donc du fait que maintenant, les choses semblent s’inverser. C’est leur génération qui est en danger. Ô bien sûr, pas de la Covid. Mais leur moral ne fait que baisser, leur année universitaire est compromise, leur vie sociale s’amenuise de plus en plus.

Ne serait-ce pas à nous, à présent de faire quelque chose pour eux ? Ne fût-ce que par réciprocité ? Je sais que quand elles viennent de nos ministres, toutes les mesures de confinement sont très mal reçues. On a toujours l’impression qu’on nous ampute de notre part de liberté… Et si on nous impose des mesures différenciées par tranche d’âge, on crie au jeunisme, à la discrimination, à l’injustice…

Alors, que faire ? Si j’ai le droit de critiquer des mesures dont je suis victime, je peux aussi librement en prendre pour moi-même, en toute liberté, sans qu’on ait rien à m’imposer. C’est pourquoi, je plaide pour que chacun de mes lecteurs de plus de 65 ans, réfléchisse à ce qu’il pourrait faire pour sauver notre jeunesse. Pour ma part, cela fait une semaine, je réfléchis à cela presque jour et nuit. Et je me dis ceci : la décision la plus efficace, c’est que nous choisissions de nous auto-confiner d’une manière libre et désintéressée. Cela exige que beaucoup la prenne. C’est pour cela que je lance cet appel : Engageons-nous à nous auto-confiner et faisons-le savoir autour de nous. Ce n’est pas un gros effort à faire. On reste chez soi. On ne sort que pour des courses de première nécessité, pour prendre l’air, une heure par jour… On porte le masque, dès que nous sommes en face de quelqu’un. Nous avons moins besoin que les jeunes de sortir, rencontrer ses potes, faire du sport… Cet effort est à notre portée…

Il s’agit d’un geste libre, totalement libre… que chacun ne peut faire que pour soi. Mais c’est un geste joyeux, plein d’espérance, basé sur la certitude que cela rend service à l’humanité. C’est aussi un geste éminemment solidaire. Je me donne pour que d’autres, en difficulté, puissent en cueillir les fruits.

Alors, si vous êtes d’accord avec moi, si vous acceptez, comme moi je le fais, de vous mettre en auto-confinement volontaire, dites le au plus grand nombre de personnes possibles. Les réseaux sociaux sont là pour ça, les blogs aussi… Et utilisez le hashtag : #AutoConfinementVolontaire

Merci d’avance… pour eux, les jeunes…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.