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Billet de blog 17 oct. 2011

Après la primaire : et maintenant ?

C'est vrai, ça : qu'est-ce qu'on peut bien en faire, de ce François Hollande sorti de la primaire ? Quand j'écris on, je parle des électeurs qui, plus convaincus par Joly ou Mélenchon, n'ont pas l'intention de voter pour lui au premier tour de 2012 et qui, éventuellement, auraient pu se laisser séduire par Aubry.

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C'est vrai, ça : qu'est-ce qu'on peut bien en faire, de ce François Hollande sorti de la primaire ? Quand j'écris on, je parle des électeurs qui, plus convaincus par Joly ou Mélenchon, n'ont pas l'intention de voter pour lui au premier tour de 2012 et qui, éventuellement, auraient pu se laisser séduire par Aubry. Bref, je parle de moi (j'espère que ça n'étonne personne...).

François Hollande, qu'est-ce que c'est ? C'est le nouveau modèle de socialiste, calibré pour ne pas effaroucher les voix centristes excédées par Sarkozy mais qui croient néanmoins qu'Aubry ou Montebourg sont de dangereux bolcheviques. Autant dire qu'avec ça, mon intention de vote pour Mélechon se trouve particulièrement bien confortée : le printemps verra deux propositions de gauche, voire trois en comptant EE-LV, se proposer aux suffrages. Le premier avantage, c'est qu'au moins les clivages seront clairs. Le second avantage, c'est que le rapport des forces issu du premier tour ne le sera pas moins. Et, selon toute probabilité, Hollande sera le candidat de gauche qui restera en lice pour battre Sarkozy. Parce que, de mon point de vue, l'objectif politique essentiel, premier pour ainsi dire, reste en effet celui-là : battre Sarkozy. Nous aurions l'air fin, à chipoter sur la gauche molle pour nous retrouver avec la droite dure, sans aucun doute plus encore décomplexée que le millésime 2007.

Je crois bien que l'erreur principale serait de concentrer nos attaques sur le candidat du PS. D'une manière générale, il vaut mieux éviter d'insulter l'avenir et on se demande bien à quoi ressemblerait un appel au désistement après que nous nous serions essuyé les pieds sur Hollande. Si Hollande arrive à quelque chose, c'est-à-dire s'il arrive au second tour, je n'imagine pas sérieusement que nous nous abstenions. Surtout, s'il arrive au second tour, il faudra alors négocier sérieusement les investitures pour les législatives : des groupes parlementaires puissants, c'est a priori ce que peuvent espérer de mieux Europe Écologie-Les Verts et le Front de Gauche, et ce ne serait pas que cosmétique. Des groupes parlementaires puissants, cela signifie une redistribution des forces à gauche et un Parti Socialiste qui ne pourrait plus se permettre d'être hégémonique à l'Assemblée : c'est un véritable enjeu politique, qui aurait le mérite de reparlementariser la vie politique française et de battre en brèche la détestable personnalisation du pouvoir héritée du bonapartisme et de la constitution de 1958. Pour arriver à ce résultat, je vois deux conditions nécessaires : premièrement, ne pas se tromper d'adversaire en pilonnant Hollande ; et deuxièmement, obtenir le plus grand nombre possible de suffrages au premier tour de la présidentielle pour la gauche du PS.

L'objection évidente, celle qui nous sera constamment renvoyée dans les jambes, c'est bien entendu cette fameuse escroquerie au vote utile, très bien dénoncée par Liliane Baie. Oui, c'est possible : Hollande peut très bien ne pas accéder au second tour. Et alors ? Cela ne signifiera qu'une chose, que la stratégie centriste du PS se sera soldée par un échec. Que le PS n'aura réussi qu'à éloigner les électeurs de sa gauche sans attirer de nouveaux électeurs venus de sa droite.

Dans cette hypothèse, les enjeux resteront les mêmes. On ne nous refera pas le coup de la patrie en danger : au second tour, en cas de duel entre Sarkozy et Le Pen, je ne choisis pas et je laisse la droite se débrouiller entre ses différentes familles. En revanche, j'attends de la gauche qu'elle se concentre sur l'échéance législative, et qu'elle se concentre avec la volonté de conquérir la majorité parlementaire. Après tout, aucune loi n'impose que la majorité parlementaire soit identique à la majorité présidentielle.

Laissons donc le Parti Socialiste suivre la voie qu'il a choisie (avec notre participation, même si nous avons été minoritaires au bout du compte) et suivons la nôtre. Et faisons en sorte que 2012 voie la victoire d'une gauche diverse mais rassemblée. Et après la victoire, plus que jamais, l'union sera un combat.

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