Prasquier (CRIF) n'en rate pas une

Divine surprise sur le site du CRIF et sous le clavier de son président ce 20 décembre : dans un éditorial rapidement repris par la galaxie des sites de soutien inconditionnel à la politique israélienne (juif.org, israel7.com, guysen.com, etc.), Prasquier a fait très fort : les premiers mots, « Ovadia Yossef mérite la mort », sont ceux attribués à Salah Hamouri au cours d'un entretien accordé à des journalistes de l'agence Reuters.

Divine surprise sur le site du CRIF et sous le clavier de son président ce 20 décembre : dans un éditorial rapidement repris par la galaxie des sites de soutien inconditionnel à la politique israélienne (juif.org, israel7.com, guysen.com, etc.), Prasquier a fait très fort : les premiers mots, « Ovadia Yossef mérite la mort », sont ceux attribués à Salah Hamouri au cours d'un entretien accordé à des journalistes de l'agence Reuters. Je passe sur les conclusions qu'en tire Prasquier, elles n'ont pas grand chose de surprenant, et ce n'est pas vraiment ce qui est intéressant dans cet éditorial.

 

Ce qui est vraiment intéressant, c'est que, lorsque qu'on va sur le site de Reuters et qu'on lit l'article, on ne lit pas les mots attribués à Hamouri. On lit une appréciation sur Ovadia Yossef : « Cet homme est et restera le symbole du racisme et du fanatisme d'Israël ». Au risque de défriser Prasquier, je dois bien avouer que c'est une appréciation que je partage. Hamouri ajoute : « Je suis certain de la voie que j'ai choisie et des choix que j'ai faits ». Je reconnais que je ne vois pas bien où est le scandale dans la mesure où la justice israélienne elle-même s'est montrée incapable, et pour cause, de condamner Hamouri pour un quelconque acte de violence, mais pour avoir eu l'intention d'en commettre un, ce que par ailleurs Hamouri a toujours contesté sinon dans le cadre de la procédure de plea bargain, c'est-à-dire d'un marchandage entre l'accusation et la défense. J'ai déjà expliqué ailleurs, il y a trois ans, les circonstances de cet arrangement.

 

Plus beau encore, selon le communiqué du comité de soutien à Salah Hamouri, les journalistes de Reuters contestent les propos prêtés à Hamouri, enregistrements à l'appui.

 

J'aimerais bien que Prasquier réponde à cette question toute simple : peut-il nous donner la source des propos qu'il attribue à Hamouri et que je n'ai réussi à retrouver nulle part ?

 

(Billet également publié sur Rue89)

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