Chapelle-Darblay : l’emploi et l’écologie à la poubelle ?

La multinationale UPM réunit ce vendredi matin un comité de surveillance où devrait être décidée la liquidation des capacités de production de l'usine papetière La Chapelle Darblay. Pourtant les représentants des salariés viennent d'obtenir l'accord d'un repreneur sérieux pour poursuivre les activités. L'Etat va-t-il laisser faire ?

Depuis plus d’un an, les élus du personnel de la papeterie de la Chapelle Darblay se battent pour trouver un repreneur à leur usine. Tous unis pour sauver la papeterie de la Chapelle-Darblay : syndicats et associations citoyennes et écologistes, fédérés dans la coalition Plus jamais ça, ainsi que les élus locaux de Normandie, ont mis le gouvernement sous pression pour empêcher la multinationale finlandaise UPM de démanteler la dernière usine de papier recyclé en France. Bien que l'usine soit à l’arrêt, les savoir-faire et les machines, fleurons de l'industrie papetière, ont pu être préservées grâce au délai arraché par les salariés « Pap-Chap » et leur syndicat CGT. Les élus ont réussi à convaincre des industriels (Fibre Excellence / Véolia) de reprendre l’usine en préservant ses capacités. On semblait donc se diriger vers une solution qui préservait l’essentiel.

Or la direction du groupe UPM ne semble pas l’entendre de cette oreille : elle a convoqué pour ce vendredi 15 octobre une réunion du comité de surveillance qui doit valider une offre de rachat concurrente, portée par le consortium Samfi/Paprec, qui aboutirait à la destruction des machines et des capacités de recyclage de l’usine.

Pourtant tout le monde en convient : l'usine est performante, les besoins régionaux de recyclage sont massifs, l'envoi de 350 000 tonnes de déchets par camion vers l'Allemagne ou l'Italie est une absurdité écologique. Les salariés sont légitimement fiers à la fois de leur savoir-faire technique et de leur contribution environnementale. Ils refusent tout projet de reprise du site à finalité « immobilière », qui détruirait les machines et abandonnerait l'activité de recyclage.

Les représentants du personnel le disent (ici) : une telle issue serait en fait « une destruction industrielle et sociale en France au bénéfice d’intérêts confiscatoires » et « priverait notre territoire d’une solution pour la filière de recyclage des papiers/cartons ». Le président Macron et le gouvernement s’étaient engagés à trouver une solution acceptable pour l’avenir de la Chapelle Darblay : vont-ils laisser UPM détruire ce patrimoine industriel et écologique ?

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