Après avoir vendu la Gare du Nord à Auchan, la SNCF brade la gare de Strasbourg !

Après avoir vendu la Gare du Nord à la filiale immobilière d’Auchan, annoncé la fermeture de toutes ses boutiques en Europe, licenciant au passage 108 salariés, la SNCF s’apprête à fermer la majorité des guichets de la gare de Strasbourg.

« Ne vous inquiétez pas, cette réforme ne changera rien pour les cheminots et le service public ferroviaire » nous disait Emmanuel Macron, en mai dernier.

Les semaines passent, les coups pleuvent. Jamais nous n’avons connu une attaque aussi violente et massive à l’encontre du service public ferroviaire.

Après avoir vendu la Gare du Nord à la filiale immobilière d’Auchan, annoncé la fermeture de toutes ses boutiques en Europe, licenciant au passage 108 salariés, la SNCF s’apprête à fermer la majorité de guichets de la gare de Strasbourg et supprimer de façon définitive la boutique située quai de Paris, avec ses trois bureaux de vente.

Pourquoi ? La SNCF entend louer une partie de ses locaux à des prestataires de service, comme une crèche ou un laboratoire d'analyses médicales. On parle même de la construction d’un restaurant haut de gamme dans le salon grand voyageur.

Encore une fois, cette décision, qui va priver une ville de plus de 277.000 habitants, siège des institutions européennes, d’une mission essentielle de service public ferroviaire, s’inscrit dans une vision purement comptable.

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Le cerveau de G. Pepy ne fonctionne que sur un seul critère : la rentabilité.

À qui profite tout ça ? Certainement pas aux usagers, ni aux cheminots. Une question mérite d’être posée : qui va récupérer les bénéfices de la location ou de la vente des locaux SNCF ? Avec la réforme, qui avait pour objectif la filialisation de Gare et Connexion, où va aller l’argent ? À cela, ni la SNCF, ni le gouvernement ne répondent.

C’est donc ça la grande vision ferroviaire de Pepy et Macron : sacrifier les services rendus aux usagers et se gaver d’argent de grands groupes privés ! Ce n’est pas le nouveau monde, mais le comité des forges !

Soutenu par un gouvernement anti-cheminots, la SNCF anticipe ici la mise en place de la polyvalence avant même les négociations sur les métiers dans le cadre de la CCN ! En effet, les cheminots starsbourgeois n'accueilleront plus le public derrière un comptoir mais derrière un pupitre muni d'une tablette numérique !

Face à de telles attaques, une mobilisation large, unissant cheminots, citoyens et usagers est plus que jamais nécessaire.

Si les coups pleuvent, les résistances s’organisent. À l’échelle du territoire, partout des femmes et des hommes se lèvent pour stopper le saccage du bien commun qu’est le rail public.

Nous ne laisserons pas Uberiser la gare de Strasbourg !

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