Je voterai pour le texte « Le communisme est la question du XXIe siècle ».

38ème congrès du PCF 

Je voterai pour le texte de base commune « Le communisme est la question du XXIe siècle ».

Alors que nous traversons une période de tumulte, où se mêlent montée des populismes en France et en Europe, perte d’identité de la gauche, absence de victoire sociale majeure et violence de classes exacerbées, nous avons plus que jamais besoin d’un Parti communiste Français innovant, offensif et renouvelé.

Si un bilan et une réflexion sont nécessaires, et le texte de base commune est éclairant là-dessus, il faut aussi mettre en évidence ce qui fonctionne. Fort de ces milliers de militantes et militants à l’énergie quasi inépuisable, de ces centaines d’élus locaux qui placent leur action au cœur des préoccupations du plus grand nombre, et de nos parlementaires toujours prêts à innover pour être le porte voix des luttes, et concrétiser dans des projets de lois novateurs les aspirations de millions de citoyens, le PCF continue d’être utile dans la lutte contre les inégalités, les injustices et tous les maux qui marquent au fer rouge nos millions de concitoyens.

Ce congrès, qui se veut et doit être extraordinaire, doit faire du PCF de demain un outil à même de changer fondamentalement de paradigme social et sociétal. Nous voulons changer le monde, telle est notre ambition. L’enjeu de ce congrès est donc là : se doter d’un outil utile aux millions de citoyens qui aspirent à vivre dans une autre société. 

Alors que certains s’interrogent sur notre apport aux luttes sociales, qu’avons-nous réellement fait ? Deux exemples pour illustrer la réalité de l’action du PCF au cours des dernières semaines. D’abord concernant la santé. Partout en France des luttes naissent, elles gagnent même, et oui nous les soutenons. Quoi de plus de normal ! Mais dans le même temps, le PCF joue son rôle d’organisation politique. Avec le Tour de France des hôpitaux, nous allons à la rencontre de celles et ceux qui sont les véritables experts de la santé, qui connaissent les problématiques et sont porteurs de solutions nouvelles pour faire de la santé pour tous un droit effectif.  Tout cela débouchera dans quelques mois sur le dépôt d’un projet de loi co-construit entre élus, citoyens, usagers et syndicalistes. Ensuite sur la question ferroviaire, qui peut aujourd’hui remettre en question l’engagement des communistes ? Là encore nous avons soutenu les cheminotes et les cheminots en lutte, en étant présent devant plus de 1000 gares, mais nous avons aussi fait des propositions concrètes pour un service public ferroviaire du 21è siècle. Des propositions financées que nous avons remises à la ministre des Transports, et nos parlementaires ont bataillé tout au long du processus législatif pour mettre en échec la casse de la SNCF. Accompagnement des luttes, et changement radical de la société au travers de propositions législatives construites avec les citoyens, c’est cela marcher sur ces deux jambes !

Quand à nos stratégies électorales, le texte de base commune parle clair en actant « l’échec du front de gauche », et pose de vraies questions. La présence du PCF aux élections, et la question de son effacement, ne doivent pas être éludées. Ce sont des éléments importants de notre organisation, et de sa capacité à transformer la société. Mais contrairement à ce que certains affirment, la base commune n’est pas synonyme d’effacement. Bien au contraire, nous affirmons même que le PCF a « vocation à être présent à toutes les élections ». Il faut s’accorder sur ce que veut dire être présent à toutes les élections. Si c’est le faire de façon dogmatique, sans tenir compte des équilibres politiques et des situations locales, c’est non. Si c’est comme le propose le texte de base commune, à partir de « listes, qui restent ouvertes à de nouvelles jonctions avec le mouvement social et les partis de la gauche de transformation sociale et écologique », c’est oui. Face à un capital organisé et déterminé, un patronat qui marche main dans la main avec l’oligarchie politique, le PCF peut être la boussole utile à des millions de citoyens, elle peut être une boussole pour la gauche progressiste et de combat. Le plus grand danger, dans cette période, serait le repli sur nous même. C’est en ce sens que je pense que le texte de base commune est le plus utile à l’avenir de notre organisation politique. Aucun texte ne peut se parer de l’habit du « texte définitif », c’est aussi cela l’avantage du texte de base commune. Fixer le cap, faire des propositions, mais laisser des espaces de débats permanents pour permettre aux communistes d’avancer.

Enfin ce texte fixe comme objectif « la nécessité historique de dépassement du capitalisme, de tous les systèmes de domination ».  Il nous faut ensemble réfléchir à comment faire pour que demain le communisme  soit l’idée majeure de la construction du nouveau monde.  Le rôle de notre parti, ne doit pas se résumer à « être l’avant garde éclairée » que les citoyens suivraient de manière aveugle. Nous devons par notre organisation, pas nos réflexions, nos actions, nos écrits, faire émerger l’idée que d’autres choix sont possibles. La campagne sur l’évasion fiscale est un succès qu’il nous faut réitérer dans des domaines aussi larges que l’écologie, la révolution numérique ou la lutte contre toutes les formes de discriminations.

Face à un monde qui veut écraser les espérances humaines et ériger la pensée unique en modèle dominant, nous devons faire grandir l’idée que les masses, quand elles sont conscientisées, déterminées, sont inarrêtables.  

Les batailles sur la SNCF, sur la réforme des institutions, sur les hôpitaux, sur ALSTOM ou sur la revalorisation des retraites agricoles sont des éléments concrets du travail amorcé par les communistes.  Un travail qui vise un double objectif : casser l’idée qu’il n’existe pas d’autres alternatives, et faire progresser les consciences. 

La bataille des idées est primordiale, nous devons aussi continuer ce travail d’implantation et diffusion des idées communistes au cœur des entreprises. Le PCF du 21è siècle, comme le porte le texte de base commune, doit être un parti de classes et de masse.

Pour toutes ces raisons, je voterai pour le texte  « Le communisme est la question du XXIe siècle ». Un texte ambitieux, ouvert. Un texte au service des idées communistes.

Thomas Portes. 

Resposable national du collectif des cheminots communiste. 

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