Élections européennes, unissez vous !

Dans moins de 100 jours auront lieu les élections européennes. Alors que se déroule, en France, une mobilisation sans précèdent, qui place les questions de justice sociale, fiscale et de démocratie au cœur de nos ronds-points, que l’année 2018 aura été marquée par d’innombrables luttes sociales, des cheminots aux salariés de carrefour, en passant par les avocats et la fonction publique hospitalière, la perspective de voir la gauche de transformation sociale faire évoluer positivement le rapport de force au sein du Parlement Européen se réduit chaque jour un peu plus.

Quel paradoxe, de voir que beaucoup de nos revendications émergent, de façon majoritaire, dans les cahiers de revendications et de doléances, et de regarder passivement l’extrême droite faire main-basse sur la colère populaire, lors du prochain scrutin électoral ! Allons-nous laissez faire ? La gauche est face à l’histoire, son histoire. Elle doit assumer ses responsabilités. Elle en a les moyens.

En tant que syndicaliste, je me refuse, pour ma part, de me lever, le 27 mai prochain, avec une mauvaise sensation de gueule de bois. Au cours des derniers mois, notamment au travers de la bataille que nous avons mené à la SNCF, j’ai mesuré l’importance du rôle et missions des députés Européens. Je pense en particulier à Marie-Pierre Vieu, qui nous a accompagné, tout au long de cette bataille, et à porter notre lutte au sein du Parlement Européen. Nous avons besoin de points d’appuis pour nos luttes !

Allons-nous accepter de laisser les clés du Parlement Européen au Rassemblement National pour qu’il mène les mêmes politiques que ses amis ? En Autriche, Sebastian Kurz, a fait passer la durée maximale journalière de travail autorisée de 10 à 12 heures par jour, soit une semaine de 60 heures. En Hongrie, Victor Orban, a modifié le Code du travail, pour permettre au patronat d’imposer aux salariés 400 heures supplémentaires annuelles, payables trois ans après. Et que dire de l’Italie, où Matteo Salvini a augmenté l’âge de départ à la retraite, le fixant à 67 ans, tout en prenant des mesures visant à limiter des pratiques telles que les piquets de grève et les blocages routiers. Partout où elle est aux affaires, l’extrême droite est l’ennemi des travailleuses et des travailleurs.

Sortez des calculs d’appareils, des guerres de petites phrases qui épuisent les imaginaires et conduisent la gauche dans le mur de l’échec. Vos différences sont-elles plus fortes que ceux qui peut vous rassembler ?

Oui la gauche a des différences, des spécificités. C’est ce qui fait sa singularité, sa richesse et sa force. Le rassemblement est-il pour autant impossible ? Non, je ne le pense pas. N’y a-t-il pas plusieurs grandes idées sur lesquelles elle peut se rassembler ? Je soumets ici trois propositions, qui peuvent créer les conditions de ce rassemblement :

- La lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

- Une bataille pour la réorientation de l’argent de la BCE au service des salariés et des services publics et la fin du dumping social avec la suppression de la directive des travailleurs détachés.

- Une transition écologique ambitieuse au service de la lutte contre le réchauffement climatique.


Qui peut dire que ces trois grandes idées ne sont pas au cœur de l’action de Génération-S, du PCF, de la France Insoumise et d’EELV ? Si elles sont portées avec force et rassemblement, elles peuvent changer l’Europe. Oui, l’Europe de demain, peut être humaine, sociale et écologique.

Manon, Ian, Benoit, Yannick, il n’est pas trop tard. Construisez collectivement, au service de l’intérêt général, un rassemblement qui crée des perspectives positives pour des millions de salarié.e.s et plus largement de l’ensemble des citoyen.ne.s en attentes d’une autre Europe.

Manon, Ian, Benoit, Yannick, n’abandonnez pas les salarié-e-s à une Europe des extrêmes, libéraux et nationalistes quand une exigence de progrès social pousse à notre porte.

Oui l’union est un combat. Oui le chemin qui conduit au rassemblement est difficile, personne ne le nie, mais sans passion du rassemblement, rien de solide ne se construira.

Manon, Ian, Benoit, Yannick, créez les conditions de cette union au service des salariés et des peuples.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.