L'’hypocrisie de L’'État français sur le clonage humain.

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 La législation française sur le clonage humain simule une répression de pacotille concernant l’activité de clonage, notamment par son article 16-4 du Code civil français qui interdit tout clonage, à but eugénique, reproductif ou thérapeutique, alors qu'une duplicité certaine s’immisce déjà dans cet article :

" Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine.

Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite. Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée." Toutefois il est précisé : « Sans préjudice des recherches tendant à la prévention et au traitement des maladies génétiques », aucune transformation ne peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne. » ce qui laisse grande ouverte la porte à toutes les manipulations déjà en cours dans nos laboratoires.

Si l’on considère parallèlement que « sont notamment susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs, au sens de l'article L. 2151-5, les recherches sur l'embryon et les cellules embryonnaires poursuivant une visée thérapeutique pour le traitement de maladies particulièrement graves ou incurables, ainsi que le traitement des affections de l'embryon ou du fœtus. », toute position dogmatique de départ interdisant le clonage tombe de fait. L’Article R2151-1 (inséré par Décret no 2006-121 du 6 février 2006 art. 1-II au Journal officiel) induit une confusion quant au champ d’exploration réel des chercheurs qui n’éclaire guère le citoyen.

 Le clonage thérapeutique pouvant être très théoriquement puni de peines allant de trente ans à la réclusion criminelle à perpétuité, l’on retombe dans l’aporie ontologique de ce qu’est un être humain. Question qui avait déjà été posée lors du débat sur l’avortement. Car si tout le code génétique est présent dans un embryon et que ce dernier possède le statut de personne, que dire de la possibilité de démultiplier des embryons pour faire des expériences sur eux, afin de sélectionner les plus sains, de leur inoculer des maladies afin de mieux les comprendre, ou encore d’éliminer les « ratés » de ces expérimentations ?

Le Parlement français a  adopté le mardi 16 juillet 2013, dans la plus grande indifférence médiatique, par un vote des députés, un texte autorisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches, soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. L’été, quand le peuple bronze sur les plages, comme s’en félicitait Jean-Jacques Urvoas, député et président de la Commission des lois à l'Assemblée nationale, qui déclarait dans Libération, le 7 avril dernier, à propos de la réforme pénale : « Les lois controversées, c'est toujours mieux de les voter quand les gens sont en bikini ».

Dès 1984, le Comité consultatif national d'éthique considérait que « L'embryon ou le fœtus doit être reconnu comme une personne humaine potentielle qui est, ou a été vivante et dont le respect s'impose à tous ». Dans son étude publiée en avril 2009 portant sur la révision des lois de bioéthique, le Conseil d'État reprenait cette notion de personne humaine potentielle, et invitait à la nécessité d'une protection inhérente à son caractère humain, sans toutefois le reconnaître titulaire d'une personnalité juridique. Quant au Conseil constitutionnel, il considère que selon le législateur, « le principe du respect de tout être humain dès le commencement de la vie n'était pas applicable aux embryons in vitro qui ne bénéficient que de garanties spéciales ». Bien des contradictions demeurent, puisque certains procès ont débouché sur la reconnaissance du statut de victime concernant des foetus tués lors d’accidents de la route. 

En attendant, le clonage thérapeutique et la recherche sur celui-ci tournent à plein, subventionnés par l’Etat français, notamment pour les cellules souches pluripotentes comme l’indiquent les documents ci-joints.

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP10-598DEL.pdf

 

 

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP11-622DEL.pdf

 

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP10-598RAP.pdf

 

L'on découvre que de nombreuses entreprises américaines sont concernées par les appels d'offres visant l'achat de  machines indipensables à ces divers projets ayant trait aux cellules pluripotentes.

 

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71567.htm

 

L'exemple le plus édifiant étant le Budget 2010 de la région Région Île-de-France (figurant ci-dessus) pour la recherche sur les cellules souches pluripotentes (dernière technique de clonage faisant de plus en plus d’émules par ses contournements techniques prétendant régler des questions éthiques pourtant plus que jamais d’actualité mais mises sous le boisseau par la Ministre de la Santé Marisol Touraine qui s’est à plusieurs reprises déclarée pour les expérimentations sur les embryons humains).

 

http://www.lavie.fr/actualite/societe/marisol-touraine-le-role-de-la-gauche-c-est-de-traduire-les-aspirations-a-l-egalite-12-12-2012-34129_7.php

 http://www.marisoltouraine.fr/2012/02/il-faut-redonner-un-elan-a-la-recherche-sur-les-sciences-du-vivant/

 

 L’Agence de biomédecine avait déjà annoncé le 20 juin 2006 avoir délivré les premières autorisations de recherche sur l’embryon à six équipes françaises travaillant dans des structures publiques. Parmi les équipes retenues, cinq sont de l’INSERM et de l’Institut Pasteur et travaillent sur des lignées de cellules souches embryonnaires importées. Pour la première fois en France, la sixième équipe tentera de créer des lignées de cellules souches à partir d’embryons humains conçus sur le territoire national. Cette équipe est codirigée par Marc Peschanski (Istem, Evry) et Stéphane Viville (CHU de Strasbourg). Marc Peschanski, financé par l’argent du Téléthon, a milité pour obtenir l’autorisation de la recherche sur l’embryon et réclame la légalisation officielle du clonage. Même s’il existe des preuves solides que les cellules souches dérivées de blastocystes humains (cellules souches embryonnaires) présentent  un potentiel  sérieux en faveur du traitement et de la compréhension de nombreuses maladies pour lesquelles il n'existe pas de preuve solide que les cellules souches adultes peuvent se substituer, et que, de fait, les chercheurs sur les cellules souches adultes sont parmi les plus ardents défenseurs de la nécessité des  recherches sur les cellules souches embryonnaires, connaissant leur pouvoir de régénération infini, on peut légitimement se demander sur quoi repose encore factuellement l’interdit de clonage humain claironné sur les plateaux de télévision ?

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