Violences masculines: il est temps de sortir de cette nuit

Qui tue, viole, bat, assassine des femmes ? Des hommes !  Demeurer incapable d’énoncer cette simple vérité, c’est faire partie du problème. Dès leur naissance, les garçons ont des privilèges. Pas plus que les filles ne sont nées pour servir ou subir, il n’y a rien de naturel à la violence masculine. Les racines du problème sont profondes, structurelles.

Qui tue ses partenaires ? Presque exclusivement des hommes. 

« Et les hommes tués ? » Si j'entends encore une fois ces excuses merdiques, je vais hurler : 80% des victimes sont des femmes, tuées par des hommes. Et la moitié des hommes tués, l’ont été par un partenaire masculin. Bien sûr, parfois, des hommes sont tués par leurs compagnes. Mais dans quelles circonstances? Après combien d’années de terreur? 

Qui tue, viole, bat, assassine des femmes ? Des hommes ! 

Demeurer incapable d’énoncer cette simple vérité, c’est faire partie du problème.

Dès leur naissance, les garçons ont des privilèges. Pas plus que les filles ne sont nées pour servir ou subir, il n’y a rien de naturel à la violence masculine. Mais parce que les hommes – oui, tous les hommes – profitent de cette situation, les actes de violence prolifèrent.

La violence machiste ne grouille pas seulement dans la misère des bidonvilles, des pays pauvres. Elle parade dans les quartiers chics, dans les palaces, sur les îles de millionnaires violeurs, pédophiles, que nous tenons pour responsables de toute cette misère! Pour engager vraiment la lutte contre la violence des hommes, on doit abolir la tolérance, les distinctions honorifiques, le tapis rouge pour des assassins ou des violeurs d’enfants.

Dominés par les hommes, la politique, le droit, peuvent-ils éradiquer la violence masculine lorsque la société permet de traiter les femmes en objets et en produits de consommation? 

Les racines du problème sont profondes, structurelles. 

En France, 40% des viols déclarés concernent des mineures de moins de 15 ans. 

La justice ignore 90% des viols. 

97 % des violeurs ne passeront jamais une journée en prison… 

Dans 65% des cas d’homicides et de violences conjugales, la police ou la justice étaient alertées.

18% seulement des mains courantes et des procès verbaux débouchent sur des investigations. 

80% des plaintes sont donc classées sans suite. 

Seulement 10%  des violeurs sont condamnés.

Un rapport du 19 novembre du conseil de l’Europe relève les lacunes des institutions françaises. Il déplore que les politiques « peinent à reconnaître la spécificité des violences faites aux femmes trop assimilées à d’autres problématiques sociales ». Il montre du doigt l’insuffisance des dispositifs d’hébergement, du soutien lié aux traumatismes, le manque de centres d’aide d’urgence pour un examen médico-légal.

En France - c’est ahurissant - dénoncer l’absence du libre consentement ne suffit pas à établir le viol. Dans la pratique, trop souvent la justice minimise le viol et requalifie ce crime en délit d’agression sexuelle. 

Dans ce cadre judiciaire négligent et sous-développé, l’agresseur peut poursuivre son emprise et sa domination sur femme et enfants. Le système fait primer l’exercice conjoint de la parentalité sur l’intérêt de l’enfant et laisse l’agresseur au contact de ses victimes. 

Et pourtant, la Convention d’Istanbul exige que les victimes soient mises à l’abri pendant au moins six mois. Mais ce dispositif, entré en vigueur il y a 9 ans, reste largement inconnu en France. Seules 3000 demandes ont été déposées, contre 40'000 en Espagne où la crise sociale est pourtant plus dramatique! mais où les mobilisations féministes ont entraîné dans la rue des millions de femmes. 

La classe dominante a toujours été machiste et conservatrice. Elle maintient le tabou. Ce système économique est basé sur l’exploitation des travailleuses et des travailleurs et nourrit la domination des femmes par les hommes, leur surexploitation. 

Le capitalisme stimule la consommation, et donc le désir, la soi-disant libération sexuelle. La culture sexiste, légitime les violences masculines. L'industrie pornographique expose les adolescent.e.s à des pratiques sexuelles sadiques et humiliantes contre les femmes. Les ténors de la culture bourgeoise, machistes et racistes de tous horizons, promeuvent le viol, la prostitution, la pédophilie et on a entendu récemment Finkielkraut après avoir soutenu DSK, Polanski, lancer un appel aux hommes : violez les femmes ! Mais nan, c'était du second degré bande d'incultes... 

A l’action croissante des féministes, Macron ne répond qu’à coups de comm’, d’éléments de langage. Si notre mouvement n’a pas encore organisé la prise de conscience de la majorité, la colère nous réunit de plus en plus nombreuses, et c’est bien tout le système que nous mettons en cause.

Mac40 veut supprimer l'observatoire des délinquances qui chaque année produit un rapport précis des violences sexuelles : casser le thermomètre pour ne plus avoir de malades. C'est en compilant les informations publiées par la presse, qu'une page Facebook de féministes décompte les féminicides dont le nombre ne cesse d'augmenter : toutes les 60 heures tombe à nouveau une femme sans que rien n’enraye l’hécatombe. 

Et plus intolérable encore, nous apprenons que la majorité des femmes assassinées avaient déposé plainte! 

Aucun observatoire officiel n’existe à ce jour en France contre la plus vieille violence du monde, contre le viol, la pédophilie et l'inceste. C'est un insupportable scandale !

Et le gouvernement Macron baisse les budgets alloués à la protection des femmes, au planning familial, ferme des places d’hébergements, des centres d’accueil d’urgence, jusqu’à 30% dans certains départements! 

Parmi les Gilets jaunes, d’innombrables femmes ont déjà dénoncé toutes ces misères qu’elles connaissent si bien. 

Car comme en toute chose, le gouvernement Macron baratine. Quelqu’un peut-il croire que sa police s’occupe sérieusement d’accueillir nos soeurs dans les commissariats? Sa police sert à la répression des gilets jaunes et des mobilisations syndicales, frappant sans distinction hommes et femmes. La seule personne d'ailleurs qui soit morte sous les coups de la police n'est-elle pas une femme ? Zineb, nous ne l'oublierons pas. 

Et la Macronie vient de procéder à un nouveau massacre, celui de l’assurance chômage. Qui peut quitter un mari violent sans argent? lorsque l’école est à des kilomètres, qu’il n’y a plus de train pour sortir du village ? Et la baisse des prestations sociales plonge toujours plus de femmes dans la misère, les maintient dans la violence, les jette à la rue, les conduit au suicide. 

En cassant le code du travail, ce sont les femmes que Macron a toujours plus précarisées. Elles sont 80% des travailleurs pauvres. Elles doivent vivre de temps partiels, d’horaires sans cesse changeants, de contrats sans lendemain et assurer un travail domestique gratuit et invisible. Leurs salaires, sont toujours inférieurs de 30% à celui des hommes. Leurs retraites, de 42%. 

L’ensemble du budget de l’Etat concernant les droits des femmes s’élève à 0,06%, moins que 1 pour mille, alors que celui de l’armée représente près de quinze pour cent des dépenses, soit 300 fois plus!

On essaie de nous leurrer avec des mesurettes: on promet 1000 nouvelles places d’urgence après en avoir fermées autant? 

Les associations sur le terrain demandent au moins 5'000 places et un milliard d’euros, Macron annonce 1000 fois moins mais alloue 5 milliards d’euros aux startups de la French tech, pour remplir les fouilles de ses copains.

Le pouvoir refuse de combattre les violences faites aux femmes parce qu'il ne veut pas toucher à un tabou, parce que cela ne rapporte pas de voix, parce que c'est une lutte de longue durée qui touche les tréfonds du système patriarcal, parce que ce système machiste arrange la majorité masculine au pouvoir.

C’est ainsi depuis la nuit des temps. Il est temps de sortir de cette nuit. 

Le patriarcat ne s'effondrera pas tout seul, aidons-le ! 

Nous ne sommes pas dupes, le voile est levé, nous resterons toutes unies contre ce gouvernement qui n’est pas une solution mais qui est une grande partie du problème. 

Nous le savons bien, c’est à nous qu’appartient la mise en place d'un mouvement féministe international fort et massif. Femmes de tous les pays unissez-vous, vous n'avez que vos chaines à perdre et un monde à gagner. 

Djidji 

Amajaune du Jarnisy 

 

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