La solidarité restera toujours notre plus grande arme !

Intervention de la jeune Marine, militante CNT Est-Lorraine, lors de la manifestation messine pour dénoncer les violences faites aux femmes. "Nos choix nous appartiennent. Nous ne voulons plus figurer au second plan, comme les personnages secondaires de la vie des hommes. Nous ne sommes pas le centre du débat autour de tel ou tel sujet en vogue. Nous nous définissons nous-mêmes."

On m’a demandé d’intervenir à la suite de mes sœurs durant ce parcours. Mais par quel sujet commencer, car, si nous sommes là aujourd’hui, c’est que la place des femmes dans notre société fait toujours débat.

 Nous sommes ici contre les violences faites contre toutes les femmes. Ces violences peuvent être de nombreuses natures, physiques et psychologiques ou encore économiques, sociétales et systémiques. Comment choisir un sujet plutôt qu’un autre ? Comment parler de ceci sans évoquer cela. J’aurai pu parler du projet de réforme des retraites, propre à l’actualité, qui pénalisera encore plus les femmes trop souvent sujettes aux carrières hachées.

Je pense que si nous sommes réunies ici aujourd’hui, c’est avant tout parce que nous sommes toutes et tous des militants. Il est à mes yeux important de revenir sur un évènement encore présent dans nos esprits aujourd’hui, survenu il y a quelques semaines. Une travailleuse a fait part de ses difficultés à vivre décemment avec deux enfants à charges tout en gagnant le smic, lors d’un déplacement du président Macron. On aurait pu imaginer qu’un tel témoignage suscite

On m’a demandé d’intervenir à la suite de mes sœurs durant ce parcours. Mais par quel sujet commencer, car, si nous sommes là aujourd’hui, c’est que la place des femmes dans notre société fait toujours débat.

Nous sommes ici contre les violences faites contre toutes les femmes. Ces violences peuvent être de nombreuses natures, physiques et psychologiques ou encore économiques, sociétales et systémiques. Comment choisir un sujet plutôt qu’un autre ? Comment parler de ceci sans évoquer cela. J’aurai pu parler du projet de réforme des retraites, propre à l’actualité, qui pénalisera encore plus les femmes trop souvent sujettes aux carrières hachées.

Je pense que si nous sommes réunies ici aujourd’hui, c’est avant tout parce que nous sommes toutes et tous des militants. Il est à mes yeux important de revenir sur un évènement encore présent dans nos esprits aujourd’hui, survenu il y a quelques semaines. Une travailleuse a fait part de ses difficultés à vivre décemment avec deux enfants à charges tout en gagnant le smic, lors d’un déplacement du président Macron. On aurait pu imaginer qu’un tel témoignage suscite l’indignation, une prise de conscience soudaine des difficultés rencontrées par les femmes seules avec des enfants à charge, en France. Hélas, non. A cette femme courageuse et honnête, la réponse donnée – notamment pas une chroniqueuse, a concerné ses choix de vie. Aujourd’hui, en 2019, est-il raisonnable pour une femme smicarde de divorcer ? Bien sûr que non. Est-il raisonnable d’avoir des enfants sans être assurée d’une grande carrière ? A cela, la réponse est aussi non.

A nos sœurs en détresse, actives, ou non, je réponds ceci : vos choix vous appartiennent. Nos choix nous appartiennent. Nous ne voulons plus figurer au second plan, comme les personnages secondaires de la vie des hommes, dans nos vie amoureuses, dans le monde du travail, ou dans les médias. Nous ne sommes pas le centre du débat autour de tel ou tel sujet en vogue. Nous nous définissons nous-mêmes.

Il est vrai que la réalité de notre société nous confronte à des problématiques en lien avec des questions genrées, notamment le choix d’avoir des enfants, ou non. Sacrifier sa famille, sa carrière, ses loisirs ou sa sécurité. Ainsi, comme nos sœurs du groupe CNT Femmes Libres de Saint-Etienne l’ont décrit, comment est-il possible de s’engager dans une action de lutte, dans un espace militant, alors mêmes que ces espaces ne permettent pas encore d’accueillir des enfants ? Il est important que nous réfléchissions au développement de telles structures – à part entière dans un processus d’émancipation des femmes, et dans la formation et l’éducation des enfants à des sujets encore trop tabous : les violences faites aux femmes.

A l’heure où le désengagement de l’État se fait de plus en plus ressentir tant dans l’Éducation que dans l’enseignement supérieur sans oublier dans toute la protection de l’enfance en général, construisons des solidarités de tous types : crèches universitaires autogérées, accueil d’enfants lors d’évènements militants, garde d’urgence militante ….

Il en est assez : nous n’avons pas à faire une croix sur des projets, des idées, des luttes, sous prétexte que nous n’avons pas le choix. L’émancipation des femmes passe aussi par le développement de structures d’aides, et par une conscientisation sociale et économique : l’insécurité que beaucoup de nos sœurs subissent est bien trop souvent liée à des questions de moyens économiques.

La solidarité restera toujours notre plus grande arme !

Marine et Léa

CNT Est-Lorraine 

23 novembre 2019 - Metz 

 

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