NOTRE MÉMOIRE DE VOYAGEUR

Ces égarements sur la route qui se révèlent souvent salutaires, de la ville au désert...

Texte de pochette pour le disque live « Anita! » (2006) qui, remis en lumière aujourd’hui, révèle et rappelle une autre époque, une autre vie … après cette année sédentaire, cette nouvelle et si étrange expérience pour le musicien nomade que je suis.

 Le voyage s’est poursuivi, avec des trains débordants, les soudaines crises de hoquet des avions, des crevaisons et ces égarements sur la route qui se révèlent souvent salutaires, de la ville au désert, la visite de grands théâtres enluminés et de jeunes clubs énervés qui réchauffent leur monde, avec nos chemises grand-ouvertes puis les manteaux cols relevés, des petits-déj’ brûlants et endormis après des dîners froids sur le pouce, des apparitions puis des disparitions, ces amis qu’on retrouve et qu’on quitte à nouveau, les cicatrices laissées par un regard croisé qui soulignent d’un trait vif notre mémoire de voyageur, ces pays qu’on découvre et qu’on n’oubliera pas, à cause de la douceur de leur paix ou de l’injustice d’une guerre qui les écrase (que peut dire notre art de ces souffrances?), ....Khudâ Hâfiz, kalakar!

Titi, octobre 2006

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