Comprendre La société close et ses militants

Publié chez Independently publishing, plateforme d’auto-édition d’Amazon, en septembre 2019, La société close et ses militants est un ouvrage pour jeter l’opprobre sur des pratiques dans nos démocraties modernes. Des pratiques qui ne favorisent nullement le débat rationnel, fondement de la démocratie, mais plutôt encouragent l’instabilité.

La société close et ses militants touche  aux causes de l’instabilité de la plupart des régimes démocratiques actuels. À travers ce tapuscrit, j’indexe les dirigeants, les partis politiques, les citoyens ainsi que ceux qui sont à la commande des appareils de l’État comme responsables de tout ce qui se passe dans ces pays comme crise. Le livre propose enfin des solutions à tester.

Composé de trois grandes parties, cet ouvrage procède à ses analyses à la lumière de la philosophie de Karl Popper, philosophe anglais du 20e siècle. Le titre reste d’ailleurs inspiré de celui de ce dernier intitulé La société ouverte et ses ennemis. Le lecteur trouvera au départ des armes devant lui permettre de mieux comprendre le reste du contenu du livre. Il s’agit d’un exposé sur la complexité et l’unité de la pensée poppérienne. C’est juste après cela que vous découvrirez la transposition de la conception scientifique de Popper à la politique. Enfin, il s’agit pour moi de montrer en quoi la conception politique de Popper peut contribuer à la résolution de la crise sécuritaire dans les démocraties africaines et notamment celle malienne.

Ce tapuscrit est un essai de philosophie politique ayant pour vocation de contribuer aux débats sur la démocratie dans le monde et en particulier en Afrique. Il convient de comprendre que cet auteur m’a toujours impressionné depuis à la Licence classique. Ce qui m’a amené à soutenir sur sa théorie scientifique du progrès scientifique aussi bien à la maitrise qu’au Master.

La société close et ses militants est également un ouvrage dans lequel les lecteurs pourront trouver un dénouement clair de la problématique actuelle de la négociation avec les terroristes. À côté de cela, contre le multipartisme, je propose de tester le bipartisme tout en mettant en valeur certaines de nos pratiques d’autrefois en termes de dialogue et de défense de la dignité humaine.

Ce livre se situe dans le sillage Des rebellions au nord du Mali : des origines à nos jours. Un livre coécrit par Choguel Kokalla Maiga et Issiaka Singaré. Outre celui-ci, c’est un ouvrage à prendre dans le même cadre que les deux tomes de Pr Issa Ndiaye ainsi que de plusieurs articles de presse sur la crise politico-sécuritaire en Afrique et plus précisément au Mali. Sauf qu’à la différence de toute cette littérature assez riche, La société close et ses militants ne livre pas une analyse ayant pour objectif de montrer une voie à suivre devant être en mesure de résoudre comme par magie les maux de nos démocraties. Il propose de tester la « politique rationnelle » entendue par une politique d’ouverture, de dialogue et d’acceptation de la critique. Autre point qui fait l’originalité de ce livre est la révision du concept de la souveraineté : du peuple initiateur, je propose un peuple veilleur.

Couverture de la version brochée du livre © Amazon Kindle Publishing Couverture de la version brochée du livre © Amazon Kindle Publishing

Ce tapuscrit est un véritable ouvrage scientifique comportant une riche bibliographie. Ce qui fait de lui un ouvrage académique qui s’adresse de prime abord aux universitaires. À côté de ceux-ci, les politiques peuvent également trouver leur compte dedans. Ce livre peut constituer également une véritable référence pour tous les chercheurs sur la démocratie ou la crise sécuritaire en Afrique ou au Mali.

Ce livre est disponible sur commande directement sur Amazon ou encore à la Librairie Ba du Grand hôtel de Bamako ou tout simplement auprès de moi-même. C’est en deux versions : Ebook et Kindle. Le prix reste abordable.

cet article a d'abord été publié sur le blog "L'enfant philosophe"

je vous propose de lire l'introduction du livre

"Introduction

 

Dans nos démocraties représentatives ou mixtes, il est de principe que la souveraineté appartient au peuple d’où le concept de « souveraineté populaire » chez certains philosophes.  Ce qui sous-entend que toutes les décisions phares de la nation sont l’émanation du peuple, qui procède par délibération indirecte à travers des représentants élus censés répondre à son nom, être son porte-voix.  Mais de plus en plus,  nous nous rendons compte de plusieurs pétitions de principe, dans ce régime, où plusieurs décisions sont prises sans que le souverain peuple soit au courant.  Ce qui pose le problème de la non-implication du peuple dans les prises de décision.  Une situation qui ne peut qu’engendrer des conséquences malveillantes et désastreuses pour toute la nation.  Ce qui m’amène à repenser ce concept de la souveraineté, à la lumière du rationalisme critique de Karl Popper.  Une position que je trouve idéale pour la résolution des crises sécuritaires qui sévit sur le continent africain. 

La philosophie poppérienne apporte une réponse au paradoxe de la souveraineté populaire en invitant à la compréhension que la majorité n’est pas exempt d’erreur.  Ce qui constitue une réflexion sur le principe même de démocratie.  Si ce que la majorité décide ne peut être que du bon et susceptible de faire le bonheur de tous, alors dans nos pays, nous devrions être préservés des soulèvements, contre certaines décisions émanant de cette majorité.  En effet, c’est cette idéologie du bonheur commun qui constitue un autre volet de cette philosophie longtemps ignorée dans les pays francophones.  En faisant du bonheur leur créneau politique, les hommes signent leur échec et se transforment en utopiste non seulement parce que le bonheur n’est que quelque chose d’individuel, mais aussi parce que, l’homme en tant qu’être faillible,  peut difficilement réussir à spéculer sur le futur.  Il faut alors instituer une sorte de « social engineering » faisant des dirigeants des ingénieurs faisant des « raccommodages fragmentaires », de petits réglages en agissant sur les maux dont souffrent les populations ici et maintenant. C’est une exigence de rationalisme critique qui, elle aussi, recommande l’objectivité, ou encore la collaboration entre les savants, ou plutôt entre les citoyens et les politiques. 

Popper substitue au « peuple initiateur », un « peuple évaluateur ». Une recommandation qui ne peut réussir que lorsque les institutions sont fortes et que les partis d’opposition accomplissent convenablement leur rôle, mais aussi lorsque le désir de perfectionnement naît entre les différents partis politiques.  C’est dans ce sens que Gilles Olakounlé Yabi, économiste et analyste politique, fondateur du cercle de réflexion citoyen de l’Afrique de l’Ouest, Wathi affirme: « Les pays ouest-africains ont un besoin vital de réformes institutionnelles qui augmentent les chances d’avoir des dirigeants soucieux de l’intérêt général et des institutions fortes.[1] » Dans cet article, il ne fait pas de doute que la présence de bonnes institutions peut s’avérer importante pour la bonne gouvernance démocratique. C’est pourquoi dans le même papier il explique : « Les constitutions, même extrêmement bien pensées, ne sont évidemment pas une garantie de bonne gouvernance. Il faut des hommes et des femmes pour faire vivre les institutions. [2]»

Appliqué sur la crise sécuritaire en Afrique,  ce rationalisme critique qui exige le dialogue, tant que les principes de la démocratie ne sont pas compromis, dans la résolution des problèmes peut s’avérer une réponse aux crises sécuritaires en Afrique.  À travers cette lecture de cette dernière, j’arrive à la conclusion de tous les tiraillements actuels notamment au Mali sur la possibilité de négocier ou non avec les terroristes. 

Ce titre,   La société close et ses militants, s’inspire du titre de Popper, La société ouverte et ses ennemis.  Un tapuscrit dans lequel il s’attaque à  l’ « historicisme », à l’ « utopisme » ou encore à « l’essentialisme » notamment les conceptions marxistes,  hégéliennes, platoniciennes,  voire aristotéliciennes, de l’histoire. À sa suite,  je m’en prends aux politiques ainsi qu’aux citoyens hypocrites qui sacrifient toute leur nation pour leurs propres intérêts. Ces hypocrisies expliquant toutes les crises auxquelles le continent se trouve être victime et le vivre ensemble menacé.  Nos États sont ainsi tout à fait à l’opposé du rationalisme parce qu’ils privilégient rarement le débat critique, ce qui entraine leur chute dans une société close.  Une situation qui a été préparée et rendue possible grâce l’appui de leurs militants, la prolifération de groupements d’intérêts individuels sous le manteau de partis politiques et leurs adhérents, des citoyens maintenus dans l’ignorance.  La figure emblématique de cette société est celle issue de la mauvaise gestion, les terroristes. « Nous devons limiter nos discussions sur l’Afrique à ce qui est important : les politiques commerciales, de sécurité, de gouvernance. Elle souffre de maux curables. Il faut s’attaquer à ces maux, et non calquer des recettes toutes faites en pensant qu’elles vont tout régler [3]», invite Paul Collier. 

Composé de trois parties, ce livre commence par retracer l’histoire du rationalisme de l’Antiquité, jusqu’à l’avènement du rationalisme critique.  Ensuite, je montre l’unité de la pensée poppérienne,  c’est-à-dire la continuité entre sa théorie scientifique et sa théorie politique en attirant l’attention, que la compréhension de l’une conduit à celle de l’autre.  Enfin,  j’explique en quoi cette philosophie peut servir à la résolution de la crise sécuritaire en Afrique. 

 

[1] Gilles Olakounlé Yabi, « Il faut changer le rapport entre les gouvernants et les gouvernés en Afrique en Afrique de l’Ouest », Le Monde, 2019, consulté le 5 août 2019.

[2] Idem.

[3] Paul Collier, « En Afrique, la situation est explosive », interview sur Le Monde, 2008, consulté le 5 août 2019."

 

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