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Billet de blog 25 sept. 2019

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L’enseignant, l’agent public par excellence

La problématique de la séparation de la vie privée de la publique chez les enseignants mérite d’être soumise à réflexion au Mali.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Victime de plusieurs préjugés liés à l’exercice de son métier,  l’agent public le plus nécessaire et le plus déconsidéré de sa société, l’enseignant, est le travailleur qui ne connaît pas de vie privée. Il est tout entier au service des autres : la formation du futur citoyen.

Les Français ont eu raison d’avancer les pions sur cette problématique de la séparation du privé au public chez les enseignants.  Le travailleur le moins bien payé au Mali; or travaillant nuit et jour pour le bon accomplissement de sa tâche quotidienne,  l’enseignant souffre le plus.  De telle sorte qu’exercer ce métier étant jeune,  c’est prendre des avances sur sa génération,  c’est être aux grands ports de décisions de son pays à son jeune âge.  Pourquoi ?  Parce que l’exemplarité à l’école aussi bien que dans la vie de tous les jours est une exigence de cette profession combien noble.  C’est pourquoi c’est une mission qui demande du dévouement,  de l’abnégation, du sacrifice de soi.  C’est un sacerdoce. 

En classe comme dans sa chambre,  les méninges de l’enseignant ne connaissent pas de repos.  Il est appelé à réfléchir les leçons du lendemain la veille, chez lui,  les copies des devoirs ou des interrogations sont corrigées durant ses heures de pause,  les interrogations,  les sujets de devoirs,  des trimestres, aussi. 

Jeunes comme vieux,  l’enseignant est obligé de veiller sur son comportement à l’école aussi bien que dans la rue pour véhiculer une bonne image puisque les enfants sont tentés de le prendre comme modèle.  Il est permanemment en conflit intérieur parce qu’il veut ressembler à ses autres camarades alors que sa conscience enseignante l’interpelle sur sa responsabilité grandiose.

Ce sont ces aspects qui expliquent l’inexistence d’une vie privée pour l’enseignant. Il est entièrement dévoué pour la cause publique.  Il s’oublie soi-même pour la raison d’être des autres.

Poser ainsi aujourd’hui le débat de la séparation de la vie privée de l’enseignant d’avec sa vie publique a tout son sens d’être.  Pourquoi d’ailleurs ne pas instaurer un régime particulier d’heures supplémentaires afin de prendre en compte les heures de travail effectuées hors les murs clôt des classes ? Les autorités doivent soumettre cela à réflexion.  Car plus les enseignants se sentent en l’aise dans leur travail,  plus ils s’y livrent à fond et la qualité de l’enseignement dispensé sera excellente. 

Cet article a été initialement publié sur Philosophe malien

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