L'Attrape Dieux, le coup d'oeil critique de Gilles Costaz

Cie HUMS - De et par Laurent Robert et Thibault Pasquier / Assistance mise en scène Camille Kolski / Musique Keng-Sam Chane Chick Té / Lumières Nicolas Rochette. À 20h05 à la Chapelle du Verbe incarné - Avignon du 5 au 27 juillet 2019

> Coup d’œil critique de Gilles Costaz sur L’Attrape Dieux - émission Grand Large le 8 juillet 2019

Gilles Costaz est journaliste à Théâtral Magazine, France Inter (Le Masque et la Plume) entre autres.

 Retranscription 

« Je ne savais pas ce que j'allais voir, en fait, parce que le résumé qui est donné dans les documents de la Chapelle du Verbe Incarné ets assez sommaire, donc j'ai été surpris et même décontenancé d'ailleurs. On pense qu’on va voir deux artistes, qui à la fin d'un spectacle viennent échanger avec le public.

Ça pouvait faire penser à un spectacle comique à l'américaine…  On a ces personnages qui  nous racontent qu’ils viennent de faire un spectacle sur le monde ; ça paraît assez fou. Ils parlent d'une pièce qu'on n'a pas vue,  puisque on arrive après un prétendu spectacle ; une pièce folle sur l'histoire du monde. Ils se mettent à parler avec les gens,  mais personne ne répond, donc le comique a l'air de se chercher, de mal embrayer ; mais parce que ce n’est pas ça le sujet. Le sujet est davantage dans le titre L'Attrape Dieux, qui est : comment attraper Dieu ? Ou du moins les questions de la vie et de la mort et de notre existence sur la planète... ça fait un énorme sujet que ces deux lascars se posent de façon très brutale, très comique, très vite, comme dans les bons numéros, malgré tout ce sont quand même des clowns, des clowns métaphysiques,  mais quand même des clowns. Pas du tout habillés en clown bien sûr,  habillés en personnages d'acteurs après le spectacle, transpirants et mal fagotés.

La question c'est : est-ce qu'on a la même idée du monde et du théâtre ? Quelque chose vient perturber la scène, un projecteur projette un rond de lumière sur le sol et ne s'éteint pas quoi qu'on fasse. Est-ce qu'il y a là une dimension métaphysique mystérieuse ? Une dimension de sorcellerie ou de dépassement des lois physiques qui explique cette invraisemblable  lumière ? À partir de cette lumière qui les indisposent et qu'ils n'arrivent pas à faire disparaître, ils se séparent en deux camps.  Ils se coupent en deux et créent même une sorte de frontière sur la scène entre l'un et l'autre. L’un prétend à un théâtre engagé, mais un militantisme classique, pas passionné, politiquement correct ; et l’autre, lui, part dans des dimensions tout à fait religieuses métaphysiques extrêmement graves, donc ça se met à tourner dans tous les sens après avoir été assez calme. Ils ont une danse endiablée - je trouve que c'est le meilleur moment du spectacle - où ils font tournoyer une série de grandes questions essentielles de la vie de façon très drôle, ambiguë, complexe et de façon très passionnante. [...]»

Écoutez l'audio pour connaître la suite !

Critique de L'Attrape Dieux

Gilles Costaz

 

> La lecture

La lecture des Frères Karamazov de Dostoïevski a largement inspiré les deux artistes de ce spectacle, Laurent Robert et Thibault Pasquier… Pour preuve, voici le texte qu’a choisi de lire Thibault Pasquier dans l’émission Grand Large du 11 juillet. 

 « - Eh bien, tu es un jeune homme exactement pareil à tous les autres jeunes gens de vingt-trois ans, un gamin aussi jeune, aussi jeunot, aussi frais, aussi mignon, enfin, un blanc-bec, bref, un gamin ! Dis, je ne t’ai pas blessé ? … »  

 

Lecture d'un extrait des Frères Karamazov

Thibault Pasquier

 

⇒ Retrouvez Laurent Robert et Thibault Pasquier de L'Attrape Dieux en podcast sur notre site (émission Grand Large du 9 juillet 2019)

 

L'Attrape Dieux © Doriane Molay L'Attrape Dieux © Doriane Molay

 

 

 

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