Tous mes rêves partent de gare d'Austerlitz, le coup d'oeil critique d'Isabelle Layer

Studio-Théâtre de Stains - De Mohamed Kacimi / Mise en scène Marjorie Nakache / Avec Jamila Aznague, Gabrielle Cohen, Olga Grumberg, Marjorie Nakache, Marina Pastor, Irène Voyatzis / Décor Jean-Michel Adam / Costumes Nadia Remond / Lumières Lauriano de la Rosa / Son Théo Errichiello / Régie générale Hervé Janlin. À 18h à La Chapelle du Verbe Incarné - Avignon du 5 au 27 juillet 2019

> Le coup d'oeil critique d'Isabelle Layer - Émission Grand large le 16 juillet 2019

Isabelle Layer est journaliste à France Info TV. 

Retranscription

"Je vais vous parler d’un spectacle de femmes, ce spectacle c’est déjà parce qu’il y avait des femmes qu’il a attiré mon attention et que je suis allée le voir. Ça s’appelle Tous mes rêves partent de gare d’Austerlitz. 

Alors donc six femmes sur scène, mise en scène par une femme - on va la citer : Marjorie Nakache, c’est un texte d’un homme parce que, bon, on aime bien les hommes quand même [rires], il s’appelle Mohamed Kacimi et en fait, ce sont à la base cinq femmes, qui sont en prison, enfermées, elle sont dans la bibliothèque de cette prison, elles passent le temps, et arrive une sixième femme ; alors on sent que chaque femme a son parcours, voilà, des vies, des rêves, des rêves brisés. Finalement, c’est des femmes comme nous, sauf qu’elles, elles ont eu un accident de parcours. Au fur-et-à mesure, je ne vais pas vous dévoiler mais on comprend ce qui s’est passé, et arrive une sixième, qui débarque, qui n’a l’habitude de rien et qui va devoir apprendre les codes aussi de cette prison. 

Ça se passe le soir de Noël, et donc ben voilà, elles sont enfermées ce soir de Noël et elles cherchent à s’évader. Elles sont en prison mais elles vont réussir à s’évader. Elles s’évadent en rejouant On ne badine pas avec l’amour de Musset, elles s’évadent en s’inventant un festin extraordinaire, et on comprend finalement que la clé de la liberté, c’est aussi notre imaginaire : c’est un des messages de ce spectacle, il y en a plusieurs évidemment, et c’est magnifique aussi cette conscience et ce moment où elles partent et, finalement, elles oublient tout, et puis elles oublient leur enfermement et elles se retrouvent libres d’être qui elles veulent à ce moment-là. 

Les comédiennes sont vraiment magnifiques, ça me touche aussi parce qu’elles sont d’origines, d’âges, de cultures, elles semblent en tout cas très différentes comme leurs personnages. C’est un beau mélange, qui parle des exclues mais qui finalement ne sont pas si loin de nous, donc qui nous parle à tous, voilà c’est vraiment un spectacle que je vous recommande : Tous mes rêves partent de gare d’Austerlitz à la Chapelle du Verbe Incarné [...]."

Écoutez l’audio pour connaître la suite !

 

Critique de Tous mes rêves partent de gare d'Austerlitz

Isabelle Layer

 

> La lecture

Pour Marjorie Nakache, Les Chiens de garde, de Paul Nizan, est un texte d'une actualité étonnante, en résonnance avec les conditions carcérales dont parle Tous mes rêves partent de gare d'Austerlitz. Sa lecture du 9 juillet 2019 nous en donne un aperçu fort et efficace : 

" Une guerre qu'on panthéonise, la crise qui gronde, des colonies qu'on pressure, les vieillards qui gouvernent, une université qui s'anémie, la gauche qui fait honte : voilà à quoi ressemble la France de Paul Nizan quand il revient d'Aden avec l'intention d'en découdre. "Renverser l'irréversible", ou, si l'on préfère, "refuser de voiler les misères de l'époque, le vide spirituel de Hommes, la division fondamentale de leur conscience, et cette séparation chaque jour plus angoissante entre leurs pouvoirs et la limite réelle de leur accomplissement" [...]"

Lecture d'un extrait des Chiens de garde de Paul Nizan

Marjorie Nakache

 

⇒ Retrouvez Marjorie Nakache et Xavier Marcheschi  pour Tous mes rêves partent de Gare d'Austerlitz en podcast sur notre site  (émission Grand Large du 9 juillet 2019)

 

Tous mes rêves partent de Gare d'Austerlitz © Benoîte Fanton Tous mes rêves partent de Gare d'Austerlitz © Benoîte Fanton

 

 

 

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