Stéphanie St Clair reine de Harlem, le coup d’œil critique de Tessa Grauman

Cie CE QUE JEU VEUT - Mise en scène Nicole Dogué / Avec Isabelle Kancel - À 20h20 au Petit-Louvre, du 5 au 28 juillet 2019 (relâches les 10, 17 et 24) - Avignon

> Le coup d’œil critique de Tessa Grauman – Émission Grand Large le 11 juillet 2019

Tessa Grauman est journaliste à France Ô.

Retranscription

« Stéphanie Saint Clair reine de Harlem, effectivement parce que cette Martiniquaise, qui est née en 1886, en Martinique, est devenue une espèce de cheffe de gang, à New-York un peu plus tard. Ça raconte son histoire.

C’est Isabelle Kancel, la comédienne guadeloupéenne qui est seule en scène et qui interprète cette Stéphanie Saint Clair à la fin de sa vie ; alors il y a une espèce de petite… de petit truc en fait, elle raconte sa vie parce qu’il y a son neveu qui lui demande, « raconte ta vie », c’est comme si elle écrivait une lettre à son neveu, donc ça commence…

L’intérêt de la pièce, en fait, c’est qu’à la fois c’est extrêmement bien joué (il faut savoir que c’est adapté d’un roman de Raphaël Confiant qui raconte l’histoire de cette femme). Donc c’est une pièce de théâtre qui est passionnante à regarder en tant que pièce ; mais c’est aussi fascinant d’apprendre la vie de cette femme, qui est née en Martinique dans un milieu très pauvre, qui est arrivée au États-Unis, elle avait 25-26 ans je crois. C’est une femme très très forte, très unique, assez violente aussi, et qui, petit à petit, fait sa place dans le monde des gangsters, et dans la loterie clandestine, elle finit par devenir très riche, malgré le fait qu’elle soit Noire, malgré le fait que ce soit quand même un climat de ségrégation.

Elle raconte un épisode où elle est confrontée au Klux Klux Clan – scène très très violente. Elle-même est violente, c’est grâce à ça qu’elle arrive, dans ce monde d’hommes, à finalement réussir à accéder à cet espace fascinant, où elle est respectée de tous.

Elle est pleine d’anecdotes savoureuses, qui racontent à la fois son histoire personnelle, où on se dit qu’elle est vraiment très, très… Elle est Noire mais elle dit « mais moi je ne suis pas que Noire, je ne suis pas que Martiniquaise, je peux être aussi Irlandaise », parce que finalement au départ elle fréquente… elle a un amant irlandais qui la fait entrer dans ce monde de la pègre et elle a une identité très propre en fait, qui justement la fait très singulière et en même temps ça raconte (et c’est ça qui est passionnant aussi) toute l’histoire des États-Unis et de la ségrégation, et voilà : un monde cruel mais passionnant […] »

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Critique de Stéphanie Saint Clair reine de Harlem

Tessa Grauman

 

⇒ Retrouvez Tessa Grauman en podcast sur notre site (émission Grand Large du 11 juillet 2019)

 

Stéphanie Saint Clair, reine de Harlem © Ce Que Jeu Veut Stéphanie Saint Clair, reine de Harlem © Ce Que Jeu Veut

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